Chiffrer les conséquences du coronavirus est un énorme défi. On peut les quantifier sur certains sujets grâce à un niveau satisfaisant de visibilité : répercussions internationales du choc de la demande ou encore augmentation globale de l’incertitude.

Face à l’impact de l’épidémie,  l’économie mondiale connaît depuis le mois de mars trois chocs : un choc de l’offre avec la récession de l’économie mondiale, un choc de la demande du fait de la psychose  des ménages, et un choc de liquidité où la majorité des banques centrales  abaissent leurs taux directeurs.

A l’échelle nationale, la propagation du coronavirus a impacté amplement l’activité économique, notamment au niveau des entreprises  qui ont été touchées par cette crise sanitaire.

Selon une enquête publiée la semaine dernière par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (Iace), « l’activité économique a été impactée à travers de multiples canaux de transmission, principalement l’arrêt de la production, la fermeture des points de vente et l’arrêt du recouvrement interentreprises ainsi que la suspension des opérations du commerce international ».

D’après les indicateurs affichés dans cette enquête,  plus de trois quarts des chefs d’entreprise interrogés (19%) ont déclaré que leurs activités dans les secteurs de l’industrie, bâtiment, commerce, services aux entreprises et aux particuliers, et autres secteurs,  sont impactées par la crise sanitaire. Ils estiment que cette crise impactera négativement le chiffre d’affaires des 96% des entreprises interrogées.

Impacts multiples

L’impact de la pandémie sur l’activité de chaque entreprise est mesuré pour l’évolution des prix des  produits et services durant la période de la crise, la demande et l’approvisionnement. La plupart des chefs d’entreprise, quel que soit le secteur, s’attendent à une diminution de la demande suite à cette crise. Leur perception quant à l’évolution des prix diffère d’un secteur à un autre. Tout comme la demande, une baisse de l’approvisionnement est prévue par la plupart des chefs d’entreprise, tous secteurs confondus.

Les entreprises sont aussi confrontées à plusieurs défis afin de faire face à cette crise et réduire au maximum les dégâts. Selon les chefs d’entreprise, les répercussions sont nombreuses, dont le retard  de la réalisation des objectifs, l’incapacité de couvrir les crédits et autres charges, les difficultés à honorer les engagements, la réduction du nombre des salariés, l’arrêt total de l’activité, le chômage partiel, le report des investissements…

Nouvelles méthodes de travail

Les chefs d’entreprise ont tenté de trouver des solutions afin de garder le rythme de leurs activités, dont 61,5% ont opté pour de nouvelles méthodes de travail, telles que le travail partiel et le télétravail. Néanmoins, ils estiment que cette mesure prise d’appliquer de nouvelles méthodes de travail aura un impact négatif sur la productivité des employés.

L’enquête a montré, par ailleurs, que « la moitié des chefs d’entreprise interrogés (61%) déclarent qu’il est probable ou fort probable de passer au chômage technique, voire à la suppression des postes d’emploi ».

Par ailleurs, 66,6%  des chefs d’entreprise  interrogés affirment que leurs entreprises sont confrontées à des difficultés financières.  80,1% des chefs d’entreprise font face à des perturbations des chaînes d’approvisionnement, dont les sociétés opèrent dans les secteurs de l’industrie et du commerce.  De même, 40,3% des chefs d’entreprise interrogés qui ont annulé leurs commandes à l’exportation déclarent qu’une diminution de leur chiffre d’affaires sera enregistrée.

Solutions d’accompagnement

Pour éviter d’éventuels risques pouvant causer la dégradation de la situation économique des entreprises, l’Iace appelle le gouvernement à mettre en place des solutions d’accompagnement aux entreprises, via les chefs d’entreprise qui ont suggéré plusieurs mesures, à savoir la flexibilité des autorités fiscales et financières, le rééchelonnement des dettes bancaires, la réduction des cotisations patronales et des indemnités des maladies et l’étalement des charges.

L’enquête montre que 78% des chefs d’entreprise interrogés estiment que la propagation du virus en Tunisie durera entre 3 et 6 mois. 96,7%  et 88.8% craignent respectivement un impact négatif plus important de la pandémie sur leur activité au cours des six  et douze prochains mois.

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