Le chef du gouvernement a déclaré que la 15e session du conseil d’association tuniso-européen qui se tiendra le 17 mai prochain sera l’occasion de mettre au jour les résultats d’une réflexion commune sur l’avenir des relations entre les deux parties pour la période post-2020

Il est vrai que les relations entre la Tunisie et l’Italie ne datent pas d’aujourd’hui. Ni d’une décennie, ni d’un siècle. Les deux pays viennent de hisser leurs relations bilatérales à un nouveau palier. Ce qui relie Tunis et Rome, dépasse l’économique, le politique ou même la proximité géographique. Ce qui relie Tunis et Rome est l’histoire commune entre deux civilisations trois fois millénaires qui ont marqué leur hégémonie sur la Méditerranée. Cette immuable donnée est de facto le socle des relations entre l’Italie et la Tunisie,  confirmant  ainsi la dimension méditerranéenne incontestée  de l’identité tunisienne. Elle représente également l’éternel point de relance des relations entre les deux pays. C’est ce qu’ont affirmé les divers membres de la délégation gouvernementale italienne, notamment le président du Conseil des ministres italien Giuseppe Conte et le vice-Premier ministre  italien M. Luigi Di Maio, dans leurs discours prononcés lors de la clôture officielle du forum économique tuniso-italien qui a été organisé, mardi 30 mai, à l’occasion de la tenue du 1er sommet tuniso-italien intergouvernemental.

L’Aleca à l’ordre du jour

Dans son discours de clôture,  le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a affirmé que la Tunisie a fait le choix stratégique irréversible du partenariat avec l’Union européenne. À cet effet, il a déclaré que la 15e session du conseil d’association tuniso-européen qui sera tenue 17 mai prochain sera l’occasion de mettre au jour les résultats d’une réflexion commune sur l’avenir des relations entre les deux parties pour la période post-2020. Ainsi, Youssef Chahed s’est adressé ouvertement à son homologue italien ainsi qu’à toute la communauté européenne pour appeler à une mise en œuvre effective des principes régissant les négociations sur l’Aleca, à savoir la symétrie, la progressivité et l’accompagnement. Le chef du gouvernement n’a pas omis de réitérer sa demande d’un appui exceptionnel et conséquent permettant de relever les défis socioéconomiques auxquels est confrontée la Tunisie.

S’exprimant sur le même volet, le vice-Premier ministre et ministre de du Développement économique italien Luigi Di Maio a souligné que la protection de la production d’excellence des deux parties est l’essence même de l’architecture du traité de libre-échange Aleca. Il a fait savoir que l’harmonisation des législations en vigueur a pour principal  objectif  la promotion du brand local. 

Le partenariat  agricole à l’étude

L’Italie, un des pays qui dominent le podium de l’investissement agricole en Tunisie, souhaite accroître et développer son partenariat, notamment dans le secteur de la pêche. En effet, l’agriculture, qui figure parmi les secteurs fondamentaux des économies respectives des deux pays, a fait l’objet de négociations entre les deux gouvernements mais également entre les deux syndicats agricoles tunisien et italien, à savoir l’Utap et Federpesca. Dans ce cadre, Youssef Chahed a renouvelé la demande de la Tunisie de donner une suite favorable à la requête tunisienne d’instaurer une gestion commune des contingents tarifaires annuels de l’huile d’olive, un produit jusque-là protégé au sein du marché européen par des droits de douane assez élevés.

« Le potentiel de développement agricole en Tunisie est important. L’Italie a été et continuera à être notre premier partenaire dans la mécanisation de l’agriculture et le développement de l’industrie agroalimentaire. Aujourd’hui, la Tunisie fait face à divers  problèmes entravant l’envolée de ces secteurs, à savoir essentiellement la mécanisation, la  modernisation, la traçabilité et la mise à niveau. Nous devons aller de l’avant pour mettre à niveau notre agriculture. C’est dans ce cadre que devrait s’inscrire la coopération dans le secteur agricole en vue de transmettre et bénéficier de la technologie italienne à laquelle les agriculteurs tunisiens sont habitués », souligne Chiheb Slama président de la Fédération nationale de l’agroalimentaire relevant de l’Utica, dans une déclaration à La Presse. Il a ajouté que lors d’un atelier commun sur la mécanisation de l’agriculture et l’industrie agroalimentaire tenu en marge du forum, il était question d’inciter les Italiens à investir davantage dans les secteurs de l’huile d’olive, la tomate séchée et le bio, des filières tunisiennes de pointe et à très fort potentiel.   

Par ailleurs, il est notoire que l’Utap et le syndicat de la pêche italien Federpesca ont signé un accord de partenariat dans le secteur de la pêche qui vise à protéger la mer commune contre la pollution, définir conventuellement les territoires maritimes de pêche respectifs aux deux pays, échanger le savoir-faire entre les pêcheurs des deux rives et développer la recherche scientifique en la matière.

Préserver sa place en tant que premier partenaire industriel et commercial

« En plus d’être notre premier partenaire commercial, l’Italie est également notre premier partenaire industriel », a déclaré le ministre de l’Industrie et des PME Slim Feriani dans son discours prononcé lors de la cérémonie de clôture du forum d’affaires. Il a noté que la Tunisie compte 900 entreprises italiennes dont la majorité opère dans les divers secteurs industriels. Il a fait savoir que la signature de l’accord ElMed pour l’interconnexion énergétique de capacité 60 mégawatts représente un nouvel élan de partenariat dans le secteur énergétique entre les deux pays, notamment après 30 ans de l’établissement du gazoduc.

Mettant l’accent sur la situation géographique de la Tunisie en tant que carrefour de commerce dans le continent africain, le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, a exhorté les hommes d’affaires italiens à miser sur la Tunisie pour y investir étant donné qu’elle représente le portail du continent africain économiquement prometteur surtout en sachant qu’en 2050, l’Afrique sera le continent le plus jeune et le plus peuplé du monde.

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