Au moment où les Tunisiens attendent de leurs députés et des leaders de leurs partis de leur fournir les informations qui leur permettent de trouver où dénicher un peu de farine ou de semoule introuvable chez le Djerbien du quartier, ils se trouvent obligés de revivre les querelles intestines chères à Seif Makhlouf et Abir Moussi plus que jamais déterminés à régler leurs comptes les uns aux autres. Sans oublier les plateaux TV qui sont devenus de véritables arènes de combats de coqs colombiens.

Encore une fois, les députés ont montré qu’ils ont définitivement opté pour le choix de la rupture totale avec les préoccupations des Tunisiens en ces temps durs de lutte contre la propagation de la pandémie du coronavirus.

Lors de la séance plénière de mercredi dernier, au palais du Bardo, consacrée au sort qui sera réservé, dans les semaines à venir, à l’année scolaire 2019-2020 plus particulièrement pour les examens nationaux, en premier lieu celui du baccalauréat 2020, au moment où les Tunisiens s’attendaient à ce que leurs représentants posent à Mohamed Hamdi, ministre de l’Education, les questions qu’il faut et à ce qu’il leur fournisse les réponses même de les rassurer sur l’avenir de leurs enfants, ils ont été malheureusement invités à assister malgré eux à une énième foire d’insultes, d’accusations gratuites et de menaces échangés par nos valeureux députés qui n’ont pas résisté et sont retombés dans leurs mauvaises habitudes en offrant aux téléspectateurs confinés chez eux devant la petite écran, le spectacle, désormais, traditionnel de combats de coqs déterminés à régler leurs vieux comptes et à exploiter, à des fins de politique politicienne de bas étage, toutes les opportunités qui leur sont offertes, y compris les moments de catastrophe nationales dont les graves évolutions et les conséquences inimaginables risquent de menacer la pérennité même du peuple Tunisien et de son Etat indépendant.

Quand Abir Moussi, Seifeddine Makhloufet « les gros bonnets d’Al Karama » se livrent à leur sport favori de s’invectiver mutuellement et de reproduire leur spectacle coutumier, aidés, voire encouragés par l’attitude de « molle » adoptée par la première vice-présidente du parlement Samira Chaouachi qui n’a pas réussi à maitriser la gestion des débats et à traiter équitablement les prétendants à «la parole juste et savante », on ne peut que souligner que la facture contre les locataires temporaires du plais de « la chambre de conseillers » et le petit peuple enquête quotidienne de farine et de semoule introuvables en dépit des assurances quotidiennes de Mohamed M’silini ministre du commerce, assurances qui ne rassurent plus personne, ne fait que s’approfondir, de jour en jour, et de prouver que même la pandémie du coronavirus n’a pas réussi à réconcilier les députés avec les préoccupations essentielles de meurs électeurs et à s’aligner comme il se doit dans la stratégie nationale de lutte anti-corona un combat où tous les tiraillements politico-idéologiques doivent céder la place à un consensus responsables sur les objectifs communs à atteindre, ensemble, dans le but de sauver l’essentiel, à savoir pérennité de l’Etat tunisien et la continuité de l’action de ses institutions, en particulier, l’institution parlementaire.

Et les députés dont certains, les médiatisés à souhait par certaines chaines TV continuent leur propre promotion et celle de leurs partis, de devoir comprendre que la situation actuelle (mobilisation générale anti-corona) leur impose l’adoption d’un discours qui va de pair avec les objectifs de l’étape et de comprendre que l’heure n’est plus à la critique systématique et le plus souvent improductive des choix et mesures exceptionnels adoptés par Elyess Fakhfakh à qui ils viennent de confier le pouvoir de légiférer pour une période déterminée de deux mois, le temps de mesurer les effets positifs du confinement général.

A voir sur les plateaux de Nessma TV Yadh Elloumi, l’auto-expert numéro un de QalbTounes, mettre en cause les décisions du chef de gouvernement et exprimer sa peur et sa crainte de le voir « faire en deux mois ce que Ben Ali n’a pas accompli en 23 ans de pouvoir », à assister à une nouvelle séance publique de blanchiment du terrorisme effectuée par Seif Makhlouf au sein même de l’hémicycle et à découvrir –faut-il avoir le courage de le dire- que le ministre de l’Education avoue le plus clairement qu’il ne dispose d’aucune information sur l’avenir immédiat de nos enfants notamment les futurs candidats à l’université alors que « Attayar » le fameux parti dont il occupait la vice-présidence jusqu’à son accession  à la direction du ministère de Bab Bnat nous rabâchait jour et nuit l’idée qu’il dispose des recettes scientifiques pour résoudre tous les maux dont souffre la Tunisie depuis son accession à l’indépendance, on a le sentiment, voir la conviction que notre pays a plus que jamais réellement d’une pause où les les politiciens qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition décident, de leur propre gré, de céder le témoin à ceux qui dirigent effectivement la bataille antivirus, l’armée des médecins et des professionnels de la santé habités par le seul et unique souci : sauvegarder la santé de leurs concitoyens.

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