Pour mieux organiser le déconfinement ciblé et progressif, un décret publié par la présidence du gouvernement au Journal officiel stipule que « les mères d’enfants de moins de quinze ans ne sont pas concernées par ledit déconfinement ».

Cette mesure a été bien accueillie par les familles, car elle libère les parents concernés par la reprise du travail du souci qu’ils se feront en laissant sans compagnie et sans surveillance
leurs enfants mineurs. Mais ce sentiment de délivrance d’un fardeau qui pèserait sur la conscience des parents aura fait long feu. Puisqu’un communiqué de la présidence du gouvernement est tombé hier comme un couperet jetant dans l’embrouille des millions de familles. En effet, ce communiqué évoque une erreur dans la formulation du texte dudit décret
et précise qu’un correctif allait être publié au Jort.

Le communiqué parle d’une erreur sans préciser de quelle erreur il s’agit. Il évoque une correction et ne la cite pas non plus. Rétention d’information le jour même où on célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse. Donc à l’erreur, s’ajoute la faute. Celle de prendre les journalistes pour des imbéciles, le jour même où ils célèbrent la liberté sans peur, ni faveurs.
A la diffusion du communiqué, les réseaux sociaux s’enflamment. Qui veut dire quoi ? La réaction se fait à travers l’agence Tunis-Afrique Presse. « Ce n’est pas les mères qui sont concernées par cette mesure mais leurs enfants ». Alors au boulot les mamans.

Laissez vos petits chérubins seuls, sans surveillance, sans protection, parce qu’on a mal écrit le décret. Le comble, c’est que la ministre de la Femme, de la Famille et des Personnes âgées, qui est aussi le porteparole du gouvernement, et qui est censée veiller sur la protection des enfants mineurs, n’a pas bronché. Elle n’est pas montée au créneau pour soutenir les parents
avec des enfants à charge. Pourtant, on a fermé les crèches, les jardins d’enfants, les écoles, les lycées. Ce qui fait que les enfants, tous les enfants, sont retenus à la maison. Avec des parents présents à leurs côtés, c’est déjà difficile de les « enfermer » chez soi. Que faire maintenant si les deux parents doivent se présenter au boulot ? Que vont-ils faire de leurs enfants ? Qu’en est-il des mères célibataires, des veuves ou des divorcées ? Qui prendra en charge leurs enfants ?

Parmi ces femmes que l’on vient de citer, il y a celles qui sont au front de la guerre. En première ligne des soins pour sauver des vies, encore des vies.

D’autres sont sur les routes, pour veiller avec leurs frères d’arme au respect des consignes sanitaires et empêcher la propagation du virus. Avec quel état d’esprit ces mères, ces parents vont-ils se battre pour nous si leur progéniture est délaissée ?

Il fallait assumer l’erreur que d’endosser la responsabilité de la faute.

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Un commentaire

  1. Maghzaoui

    06/05/2020 à 08:33

    Pour vous, c’est quoi la différence entre assumer l’erreur ou endosser la responsabilité de la faute ? Pour moi personnellement, il n’y aucune différence.

    Répondre

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