Les enfants maudits de Moufida qui traînent la nuit d’une boite à l’autre, fument du cannabis et se moquent comme d’une guigne du respect des questions d’ordre éthique viennent d’être sanctionnés par la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA). Ils ne sont plus autorisés à passer à la télévision avant 22h30, le temps que les enfants puissent tomber dans les bras de Morphée.

La chaîne privée El Hiwar Ettounsi sur qui on jette toujours l’anathème mais qui continue à occuper la première place en matière d’audience au grand dam des puritains post-révolution des temps modernes, est aussi appelée par l’instance en question à afficher un message, durant dix secondes et avant la diffusion de chaque épisode du feuilleton de Awled Moufida informant le spectateur des scènes de violence qui peuvent heurter la sensibilité des « enfants » de moins de 16 ans.

Certes il est du devoir de la Haica qui est dotée de pouvoirs réglementaires et consultatifs de recadrer la chaine en question et d’exercer son autorité en application de la loi comme elle l’a par ailleurs fait pour d’autres chaines qui continuent, en toute impunité, à diffuser en dehors de tout cadre légal.

Oui mais soyons sérieux, nos enfants, confinement aidant, s’endorment le jour et se réveillent juste avant la rupture du jeûne pour s’isoler dans leurs chambres et former, la nuit durant, une entité indissociable avec leurs ordinateurs.

Des heures durant, ils suivent, en toute quiétude, une série de feuilletons sur les sites de streaming, dont l’incontournable Awled Moufida.

Et puis à 16 ans a-t-on encore besoin de protection si on prend en compte les profondes évolutions sociétales. La Haica déconnecté ?  Non assurément, ce sont plutôt nos jeunes de 16 ans qui sont over-connected.

En attendant, d’autres feuilletons, comme Nouba 2, diffusés durant ce mois de Ramadan ne manquent pas de scènes de violence, qu’en pense la Haica ?

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