Sans rentrées financières depuis l’arrêt de la compétition, les clubs de la Ligue 2 n’arrivent plus à payer leurs joueurs.

« La Ligue 2 est tout sauf un championnat professionnel. Hormis l’Olympique de Béja, tous les autres pensionnaires de la deuxième division peinent à survivre sur le plan financier ». Le témoignage de Moncef Chargui, l’entraîneur du Club olympique de Médenine, nous a poussé à faire une petite enquête sur la situation financière des pensionnaires de la Ligue 2.

A l’Olympique de Médenine, la moyenne des salaires des joueurs est de 800 dinars. A ce jour, le paiement des salaires accuse un retard de quatre mois. C’est que la situation est d’ores et déjà difficile et la pandémie du Coronavirus n’a fait qu’empirer la situation. Parmi les méfaits de cette pandémie, l’arrêt du travail au niveau des administrations publiques qui tournent au ralenti. Du coup, bon nombre de clubs se plaignent de ne pas avoir touché la tranche du mois de mars de la subvention allouée par leurs communes respectives.

Pour l’Avenir Sportif de la Marsa, à titre d’exemple, la tranche de la subvention municipale du mois de mars est de l’ordre de 200 mille dinars. Une tranche qui n’a pas été encore versée. Du coup, le club a eu du mal à payer ses joueurs. L’un d’entre eux nous a confié que la direction de l’ASM a versé la moitié du salaire de janvier une semaine avant le début du mois de Ramadan, sachant que la masse salariale de l’équipe senior de football, staff technique et joueurs, est de 62 000 dinars.

Quant à la moyenne des salaires des joueurs, elle varie de 2000 à 3000 dinars. Il y a même de jeunes footballeurs qui ne touchent que 200 dinars mensuels. C’est dire que les joueurs de l’AS Marsa et du CO Médenine sont loin d’être millionnaires. Il faut dire aussi que la FTF a plafonné les salaires des joueurs proportionnellement aux budgets des clubs et les nouvelles dispositions de l’instance fédérale visant à réduire la masse salariale des joueurs pour la période à venir n’arrangeront pas les choses.

El Gawafel de Gafsa : des promesses non tenues !

La situation financière d’El Gawafel n’est pas meilleure. Le club accuse un retard de paiement des salaires depuis le mois de janvier dernier. Le bureau directeur a profité du don de la FTF, estimé à 50 000 dinars, pour verser aux joueurs une avance sur salaire au titre des mois de février, mars et avril. Les joueurs d’El Gawafel touchent des salaires allant de 2000 à 2500 dinars. Peuvent-ils les percevoir à temps ? Toute la question est là.

La Compagnie des Phosphates de Gafsa, qui subventionne El Gawafel à hauteur de 90 000 dinars par mois, accuse un retard de trois mois. Quant au Groupe Chimique Tunisien, cela fait des mois qu’il ne sponsorise plus le club.

Les restaurants de Gafsa, tout comme les deux hôtels de la ville, rechignent à héberger les joueurs à cause des litiges de factures impayées qui remontent aux bureaux directeurs précédents. Le seul qui a tenu ses promesses est l’actuel président du club, Ridha Mhamedi, qui a avancé jusque-là 1 million 800 mille dinars.

Un autre club de Ligue 2 connaît aussi de grosses difficultés financières. Il s’agit de l’Avenir Sportif de Gabès qui a reçu une correspondance de la Fifa en date du 11 mai 2020 lui signifiant qu’il doit honorer son dû à son ancien joueur mauritanien Ahmed Moulay Khalil auquel l’ASG doit 100 mille dinars. Le club a 45 jours pour honorer ses engagements sinon il risque de se voir interdit de recrutement au prochain mercato estival.

Bref, la majeure partie des clubs de la Ligue 2 sont dans un gouffre financier. Une situation alarmante qui devra amener les décideurs politiques et les dirigeants de notre football à penser sérieusement à trouver des mesures urgentes , mais surtout à créer un nouveau cadre d’activité qui assure un minimum de solidité financière.

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