La question posée s’avère fort simple : même si leur revendication est légitime, les tenants et aboutissants de notre sport-roi ont-ils vraiment besoin de l’aide de l’Etat ? D’autre part, leur requête est-elle fondée moralement ?

Les conditions de reprise des entraînements se précisent en Tunisie même si cette décision reste conditionnée par l’évolution de la situation sanitaire. Reprise en août et retour aux répétitions quelques trois semaines auparavant, la FTF a établi dans cette perspective un plan assez concis, suivant un strict protocole de santé. Et après avoir esquissé un protocole de retour à l’entraînement, qui comprend, entre autres mesures de protection, des tests de dépistage et une progression d’un entraînement individuel vers une séance collective, la FTF devra maintenant composer avec le contrecoup économique subi par les clubs. Dans une certaine mesure, la FTF doit forcément aider les clubs à faire face aux conséquences économiques de l’arrêt de la compétition. Seulement, en a-t-elle les moyens ?

Les lanceurs d’alerte

A l’impossible, nul n’est tenu. La FTF ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes de trésorerie des clubs. L’Etat doit donc intervenir et renflouer les caisses des clubs pros. Bref, trancher le nœud gordien est du ressort des autorités, seule «puissance » capable de sortir nos clubs de la crise. D’ailleurs, ces derniers jours, il semble que nos joueurs pros ont parfaitement décelé les enjeux et problématiques du moment, comprenant que la reprise passe par l’intervention de la tutelle. Plusieurs joueurs réputés n’ont ainsi pas manqué de lancer des «alertes» sur les réseaux. En clair, les joueurs, ainsi que les entraîneurs, fans et dirigeants de tous bords, attendent un engagement. Ils demandent aux autorités de créer un fonds de contingence pour aider les clubs de football, en commençant par les plus vulnérables. Bien entendu, ils invitent aussi d’autres entités à participer à l’élan. C’est seulement à ce prix que la « reconstruction » de notre football sera effective, surtout pour un football professionnel qui se singularise par la fragilité de son modèle économique.

L’Etat n’est pas le seul concerné

En Tunisie actuellement, même notre tissu d’entreprises se tourne désormais vers l’Etat pour repartir du bon pied. Sauf que le football n’entre pas dans la catégorie «des secteurs vitaux». Et puis, est-ce le rôle de l’Etat ? Et surtout, est-ce nécessaire de secourir les clubs tunisiens dont la plupart ne sont victimes que de leur ambition, de leur égarement, de leur négligence et de leur légèreté ? Ces mêmes clubs qui ont passé une bonne partie du confinement à pleurer sur leurs finances, à se plaindre de l’égoïsme des joueurs qui refusaient de baisser leur salaire ou à pester contre les diffuseurs qui ne désiraient plus verser leur contribution. Il faut comprendre par-là que l’Etat n’est pas une caisse sociale, et que les priorités sont tout autres. En clair, le football professionnel n’a en effet guère de motif valable pour cultiver à ce point son alarmisme du moment. Les dispositifs généraux d’accompagnement ne doivent concerner que les personnes dans le besoin. Bref, plutôt que de se limiter à montrer l’exemple avec quelques opérations symboliques et médiatiques, nos «belles enseignes du ballon rond» n’auraient-elles pas été mieux inspirées de prendre sur elles, sans rechigner, le poids de l’épreuve provisoire qu’elles traversent.

Et puis, pourquoi l’argent public servirait à compenser la défection des diffuseurs ?

Pourquoi alors s’embêter à réfléchir à une nouvelle configuration économique si même en de telles circonstances tout roule finalement par la grâce du souverain ? !

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