La crise du coronavirus a été une opportunité pour recentrer le débat sur la transformation digitale en Tunisie. Il est désormais impératif de capitaliser sur cette expérience qui a permis de libérer les initiatives lancées en soutien à la gestion de la crise.

La transformation digitale, cela fait des années qu’on en parle. Le débat sur la nécessité et sur l’urgence d’entrer de plain pied dans l’ère du digital ne date pas d’aujourd’hui et ne fait plus fureur. Le retard qu’a accusé l’administration à parachever sa transformation a fait languir et reculer  le processus.

Cependant, avec la survenue de l’épidémie du coronavirus, le recours aux solutions technologiques dans la gestion de la crise a recentré la question de la digitalisation en Tunisie et a braqué les lumières sur les entraves au développement du numérique en Tunisie. “La crise du coronavirus a permis de mettre à nu tous les verrous au développement du numérique”, a fait savoir   Karim Koundi, président du comité mixte Public-Privé-Société civile relevant  du ministère des Technologies de la communication et de l’Economie numérique (mis en place durant la crise du Covid-19 pour structurer les initiatives technologiques lancées en soutien à la gestion de la crise) dans son intervention lors du webinaire qui a été organisé par la Conect le 10 mai sous le thème “Transformation digitale et relance économique”.

L’implémentation des projets numériques

L’expert en transformation digitale et associé du cabinet Deloitte a expliqué que la crise du coronavirus a permis à l’administration de constituer un capital important en matière de nouvelles méthodes de travail dans l’implémentation des projets numériques et qu’il est primordial de capitaliser sur cette expérience acquise.

Il a souligné, dans ce contexte, que la crise a fait naître un cercle vertueux où le numérique a joué un rôle important dans la gestion de la crise. “La crise a permis de mettre en exergue trois principaux éléments pour la réussite de la transformation digitale en Tunisie, à savoir l’importance du digital dans l’amélioration de la vie du Tunisien et dans le développement économique du pays; la libération de l’énergie de l’écosystème technologique et enfin l’agilité de l’administration. Ces trois éléments sont des éléments capitaux dans la modernisation du pays par le numérique”, a affirmé l’expert. 

Pour Karim Koundi, cette crise a permis une  chute de ce qu’il a appelé “mur de Berlin” entre l’administration et l’industrie du numérique tunisienne. Cependant, il a souligné qu’ il faut mettre en œuvre des  catalyseurs permettant de pérenniser et rendre cette expérience et ces acquis irréversibles.

Interactivité et dialogue avec le privé

A ce titre, il a préconisé que l’Etat joue un rôle de SandBox où l’on peut développer un terrain d’essai pour toutes sortes d’innovation et de solutions technologiques émanant de l’écosystème de start-up. Ce qui permet de conférer davantage d’agilité à l’administration et d’avoir une sorte d’interactivité et de dialogue entre l’administration et le secteur privé.

Aussi, l’Etat doit être, dans ce sens, une locomotive nationale qui lance les grands projets du numérique et c’est ce qui va faire développer le secteur et faire émerger des champions nationaux. En conclusion, le numérique doit faire office de pont vers une nouvelle économie centrée autour du capital humain et de l’immatériel et doit être un  levier de la souveraineté technologique nationale.

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