La Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (Ctfci) a organisé, jeudi 2 mai, une rencontre en présence du ministre du Commerce Omar Béhi et de l’ambassadeur de France en Tunisie, S.E. M. Olivier Poivre d’Arvor, pour débattre des problématiques du commerce, notamment extérieur, en Tunisie. Lors de la rencontre, les participants, en l’occurrence des chefs d’entreprise tunisiens et français, ont fait part de leurs doléances concernant principalement les problèmes de change et du e-commerce. Ils ont également déploré la complexité des procédures administratives relatives à l’import. À cet égard, des membres de la Ctfci ont contesté la promulgation de la circulaire portant sur la restriction de certains produits à l’importation de l’Union européenne, entrée en vigueur au mois de novembre 2018.

Un traitement de deux poids deux mesures ?
Intervenant sur le même sujet, Olivier Poivre d’Arvor a noté que ladite circulaire a été mal perçue à Bruxelles. Se basant sur le fait que les balances commerciales de plusieurs pays de l’Union européenne sont largement déficitaires avec la Tunisie, l’ambassadeur de France en Tunisie a réfuté une telle décision, soulignant que de telles mesures n’ont pas été engagées à l’encontre des pays excédentaires avec la Tunisie comme la Chine ou la Turquie. Par ailleurs, Olivier Poivre d’Arvor a exprimé son inquiétude quant au repli de la Tunisie sur elle-même qui s’affiche d’une manière de plus en plus claire et qui se cristallise davantage, notamment via des campagnes de diabolisation pointant du doigt les soi-disant velléités de reconquête française, illustrées par la conclusion du traité de l’Aleca. « Je comprends qu’à la veille des élections, il y ait toujours de la surenchère. Nous aussi, nous avons des élections qui auront lieu ce mois. Mais l’émergence d’un sentiment anti-européen m’inquiète », a souligné l’ambassadeur de France. Il a affirmé que la Tunisie jouit désormais d’un soutien européen, notamment financier, sans équivalent.

Miser sur la communication pour dissiper les idées factices reçues sur l’Aleca
Revenant sur les propos de M. Olivier Poivre d’Arvor, le ministre du Commerce a expliqué que la promulgation de la circulaire n’a pas impacté le volume des importations provenant de l’Union européenne. Par ailleurs, il a rappelé la position de la Tunisie concernant le secteur agricole qui doit bénéficier d’un traitement asymétrique, outre l’appui pour sa mise à niveau, dans le cadre des négociations sur le traité de libre-échange avec l’Union européenne (Aleca). Il a également appelé à approuver le principe de la libre circulation des professionnels dans le cadre de négociations sur le libre-échange dans le secteur des services. Béhi a expliqué que contrairement à ce qui est relaté dans les médias, l’accord d’association conclu avec la partie européenne en 1995 a positivement impacté le tissu industriel tunisien qui, grâce à la mise à niveau dont il a bénéficié, s’est doté d’une meilleure compétitivité. En outre, il a affirmé que le contexte politique national a changé, ce qui a rendu les négociations, de facto, encore plus difficiles dans la mesure où les négociateurs tunisiens ainsi que les autorités font face à une forte opposition, notamment de la part de la société civile. À cet égard, il est devenu indispensable de recourir au dialogue et de miser sur la communication pour sensibiliser l’opinion publique et dissiper les idées factices reçues sur l’Aleca qui offre à l’économie tunisienne des opportunités, à condition d’en instaurer les mécanismes préalables, soutient Béhi.

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