La probable candidature de Tarek Bouchamaoui à la présidence de la CAF est une hypothèse qui a plusieurs répercussions. C’est même une info (si ça se confirme) qui peut attirer plusieurs interprétations et qui peut aussi se lire de différents angles. Le membre du conseil de la Fifa et homme très fort et très influent des coulisses de la CAF est quelqu’un qui pèse très lourd pour le football tunisien. Même s’il a court-circuité le circuit ordinaire d’un dirigeant qui atteint les instances internationales en passant par un club ou une structure locaux, Tarek Bouchamaoui s’est fort bien installé depuis plus de 15 ans à la CAF puis à la Fifa. Discret, peu médiatisé, pas très exposé aux gens et aux réseaux sociaux, l’homme présente deux points forts : une assise financière conséquente et une forte expérience accumulée via un réseau de relations à la CAF et à la Fifa. On parle de quelqu’un qui réussit beaucoup plus à l’international qu’en Tunisie. Les ambitions continentales de Bouchamaoui ne sont pas un scoop.

Mais il n’est pas le seul à vouloir briguer le siège de l’actuel président Ahmad Ahmad, fragilisé par les affaires. Ils sont plusieurs à le vouloir, entre autres Abourida, Lakjâa et d’autres personnalités. Ce n’est pas aussi facile que cela peut paraître pour une CAF tiraillée et qui n’a pas franchement tourné la page de la corruption et des problèmes d’éthique et d’image de l’ère Hayatou. Certainement que Ahmad Ahmad a changé beaucoup de choses en comptant sur ses «hommes» et ses «femmes» dans les commissions et dans le conseil exécutif. Mais le fiasco de la finale de la Ligue des champions entre l’EST et le WAC  a rasé tout ce qu’il a fait. Une guerre de clans en coulisses qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui avec une dualité maroco-tunisienne en les personnes de Lakjâa et Bouchamaoui. La candidature du Tunisien importe beaucoup pour notre football et pour son image. Mais cela demande beaucoup de «lobbying», beaucoup d’intelligence pour nouer des alliances de circonstance et aussi beaucoup d’argent. L’appui de Wadii El Jary est a priori garanti (bien que la relation entre les deux hommes ne soit plus aussi amicale qu’en 2015 avec l’inoubliable épisode de la CAN et des sanctions infligées par Hayatou, l’«ami» de T.Bouchamaoui qui a mis tout son poids à l’époque pour résoudre le problème). Mais pour réussir à gagner cette bataille ouverte et acharnée, il faut un autre appui indirect et très précieux, celui de G.Infantino. Le Suisse est, depuis un an, celui qui dirige la CAF à travers l’intenable Fatma Samoura, secrétaire générale de la Fifa qui a «verrouillé» la CAF avec des mesures et des décisions de gouvernance et d’audit. Cette femme aura aussi bien sûr avec Infantino  son mot à dire dans ces élections. Tarek Bouchamaoui est dans un moment-clef de sa carrière de dirigeant : les portes des élections sont ouvertes devant lui. Va-t-il oser et changer de positionnement et d’image? On pense que le dépôt de candidature est quelque chose de très intéressant.

Encore une fois, ce sont des élections où personne n’a d’avance. Un jeu de «transaction», d’accords de «Gentlemen» qui vont se faire entre au moins 5 candidats blindés dont Tarek Bouchamaoui. Ce dernier va devoir calculer très bien le coup. En attendant de voir plus de personnes présentes dans le management de la CAF.

Wadii El Jary est sûrement quelqu’un qui ne dira pas non ! Lui qui joue la carte de la candidature à ce poste de président.

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