Sept semaines ont permis aux participants des ateliers d’écriture «La Chouette Bleue», modérés par François G.Bussac, d’explorer de nouveaux horizons, de coucher sur papier différentes idées et de donner vie à leurs pensées, leurs tracas, leurs espérances et à diverses réflexions. Ces deux premiers extraits ont eu comme thématiques «Aujourd’hui», le dernier «Hier». Nous vous proposons quelques extraits

Dina Ben Salah, psychologue 

«Suis-je réellement enfermée ? » me dis-je. « L’enfermement n’est-il pas une pure invention de mon esprit ? ». Certes, nos déplacements sont limités, mais ne pouvons-nous pas toujours faire usage de notre esprit ? Plongée dans mes réflexions, je découvre peu à peu que je possède un pouvoir insoupçonné, celui d’imaginer. Je constate qu’il est présent en chacun de nous,  oubliant bien souvent d’en faire usage et de le cultiver.

Raouf Medelgi, professeur de langue française 

Tunis se dresse toujours secrète.

Fragile dans un monde qui s’effrite, elle affiche un sourire qui se veut rassurant. Elle sait que ce n’est qu’un leurre. Le mal qui la ronge est invisible. Il est ici et ailleurs (…) Elle sourit encore pour tromper l’ennui, pour tromper l’ennemi, pour se donner du courage. Sa gloire d’hier est le fait de révolutionnaires, sa jeunesse sans cesse renouvelée est l’œuvre d’esthètes, souvent visionnaires, qui ont su la mettre au goût du siècle. Mais aujourd’hui, elle retient son souffle en attendant que la vie reprenne ses droits et que ses veines et veinules se remplissent de boucan, de cris, de soucis et de joie de vivre quotidiens et ordinaires.

Pierrette Craipeau 

(L’auteur avait cinq ans, à Paris, dans les années cinquante ; l’on m’a dit qu’à Tunis, aussi ce genre d’attractions existait ! )

On arrivait au square des Batignolles. (…) Il y avait des balançoires à deux places, des petits chevaux de bois à pédales, un manège, un guignol, (…), un bassin avec des poissons rouges, une marchande de bonbons, une esplanade pour faire du patin à roulette, d’où l’on voyait passer les trains à vapeur qui partaient ou arrivaient Gare Saint Lazare.

J’adorais cet endroit qui fut le terrain de jeu de ma petite enfance. Plus tard, je lui préférerais le cinéma du jeudi avec en première partie, avant la projection des films, des attractions, clowns, acrobates, jongleurs, magiciens… J’aimais le passage des ouvreuses à l’entracte qui proposaient dans un grand panier en osier pendu à leur cou des friandises, bonbons, caramels, esquimaux, chocolats.

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Un commentaire

  1. François-George Barbier-Wiesser

    16/05/2020 à 10:09

    Merci à La (vaillante) Presse de permettre ainsi à des membres d’ateliers d’écritures de s’exprimer. Et les extraits choisis ne sont pas innocents, loin de là. A partir d’eux , bien des réflexions, des histoires peuvent se construire…et merci au journalisme culturel, déjà ancien en Tunisie, et à H. Haouel!

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