Nécessité (obligation ?) de jouer à fond la carte de la lutte contre les circuits de distribution clandestins. Car, c’est là que tout se joue.
Les mois de Ramadan s’amène, «flanqué» de son cortège habituel : folie dépensière, d’un côté, et pratiques commerciales illicites de l’autre. Deux «péchés mignons» que ni les dures épreuves du temps, ni le changement des mentalités, ni encore la conjoncture économique difficile dans laquelle s’est englué le pays n’ont pu altérer. Passe pour les prix qui s’affolent. Passe aussi pour les pénuries subites. On peut également subir, sans peut-être broncher, les effets de l’inévitable «hchichet Romdhane», avec ses manifestations coléreuses et parfois même agressives. Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque le couffin de la ménagère s’en retrouve malmené par les nuisances du commerce parallèle : jonglage avec les prix, spéculation, produits périmés, marchandises de provenance inconnue, mauvaises conditions d’hygiène, absence de factures d’approvisionnement et tout le bazar. Quant à savoir comment ces pratiques ont perduré et pourquoi les contrevenants continuent si allégrement d’imposer leur hégémonie, la réponse, la seule et bonne est là : les circuits de distribution clandestins. Pas ailleurs.

Mais non, alors là non, pour le faire sur le dos du citoyen lambda. Plus clairement, il n’est pas question de baisser la garde. Et cela en  intensifiant le contrôle par une veille sans faille, ce qui réduirait l’étendue des dégâts. Si la plupart de nos municipalités l’ont compris, d’autres préfèrent la solution radicale, à savoir l’exemption de cette «faveur ramadanesque». Certes, le nombre de ces mairies «récalcitrantes» est réduit, voire insignifiant. Mais, paraît-il, elles y tiennent encore pour moult raisons dont la gravité des antécédents, le manque d’espaces, les considérations environnementales et la persistance de la colère des commerçants exerçant légalement. Dans certaines communes, on opte, au mois de Ramadan, pour une solution intermédiaire qui consiste à déplacer les étals loin des marchés municipaux.

En somme d’un côté comme de l’autre, les acrobaties ne manquent pas et tous les moyens sont bons pour protéger ses intérêts.

Il n’en demeure  pas moins que l’idéal serait de voir nos municipalités se résoudre à aménager des périmètres spécialement conçus et conformes à la loi, pour abriter les marchands ambulants et autres propriétaires d’étals anarchiques.

L’expérience, encore à ses premiers balbutiements, a réussi par-ci et échoué par-là. Toujours est-il qu’on ne perdrait rien à la généraliser à tous les périmètres communaux du pays. Il suffit seulement d’y croire.

Mohsen ZRIBI

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