Il a fallu 15 minutes au réalisateur Mahdi Fleifel pour transmettre le sens de l’exil au spectateur de son court métrage «A drowning man», sorti en 2017. Retour sur cette fuite vers l’inconnu, présentée par le Goethe Institut Tunis dans le cadre de la 4e édition cinématographique de «Saha Chribtek» sur la plateforme de streaming en ligne Artify. 

Une cité vaste et lugubre, un temps gris, une errance infinie, le film plonge le spectateur dans un cadre spatio-temporel pesant à l’image peut-être de sa thématique délicate qu’est l’Exil. Le personnage central est un jeune homme d’une trentaine d’années appelé «The Kid», vivant dans des conditions précaires, écumant les rencontres et les compromis louches pour survivre, il est présenté comme étant salement amoché par les aléas d’un quotidien marginal.   

Forcément dépaysé et se sentant profondément seul, le jeune homme trace son chemin dans une vaste ville sans âme afin de trouver de quoi subvenir à ses besoins ou de rendre ses journées plus supportables, utiles. Au coin et aux recoins de la cité, il accumule les «face-à-face» avec de mauvaises rencontres dans des cités malfamées, parfois au gré du hasard, souvent pour subvenir à ses besoins. «The Kid» est assoiffé d’humanité, mais à force de sombrer dans cette quête de soi, il s’y déshumanise.

Le spectateur tentera de se faire croire que ce personnage n’est pas rongé par un sentiment d’indifférence, qu’il finira par trouver une brèche à laquelle s’accrocher, qu’il ne succombera pas finalement, mais ce sont les non-dits et cet état d’âme fugitif qui prennent le dessus. Une émotion née de la prise de contact reste palpable. Ce sentiment d’exil atteint son apothéose en 15 minutes grâce à l’interprétation de son acteur principal, Atef Alshafei, dans un scénario et une réalisation de Mahdi Fleifel, un jeune réalisateur danois, d’origine palestinienne, né à Dubaï. «A drowning man» a été nominé pour la Palme d’or du meilleur court métrage au Festival de Cannes, au British Academy Film Award du meilleur court métrage et a raflé le prix spécial du jury au Muhr Short Award. Il a  entièrement sa place dans le cadre de cette manifestation ciné-virtuel qui met la lumière à travers fictions et documentaires sur des problèmes universels.

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