Cela fait plus de deux semaines que la ligne numéro 13 reliant Sfax à Tozeur via Métaloui et du train de transport du phosphate est bloquée par des sit-inneurs. Dans le même registre des évènements funestes, le 15 mai 2020, dans l’objectif de bloquer le transport du phosphate par train, une locomotive acquise à 7 millions de dinars a été incendiée dans les environs de la laverie du phosphate n°3 de la délégation de Mdhilla (gouvernorat de Gafsa). A la gare de Meknassi, selon le porte-parole de la Sncft, des sit-inneurs ont bloqué la ligne et se sont emparés des 28 wagons et leur locomotive, une des nouvelles acquisitions de la société. Bien sûr, toutes les autorités compétentes (gouverneur, justice, sécurité) ont été informées des péripéties de ces affaires. Mais jusque-là motus et bouche cousue. Tous les responsables se regardent en chiens de faïence. Seul un communiqué laconique informe que le premier juge d’instruction du deuxième bureau du Tribunal de première instance de Gafsa a délivré une commission rogatoire à la brigade centrale des recherches et investigations de la Garde nationale de l’Aouina aux fins d’enquêter sur l’incendie de la locomotive appartenant à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

Et pour les autres affaires ? Silence radio. Pourtant, il ne faut pas y aller par quatre chemins pour saisir ce qui se trame contre l’économie nationale. Les actes commis sont d’une extrême gravité et ils méritent une condamnation sans réserve. Tous les moyens devraient être mobilisés pour que les auteurs soient identifiés et châtiés. Il n’est plus acceptable d’assister sans broncher à la destruction massive de l’économie nationale. Peu importe la nature des revendications et leur légitimité du moment que c’est l’intérêt du pays qui est en jeu. L’Etat ne doit pas céder au chantage. Aucune faiblesse vis-à-vis des malfaiteurs même s’ils souffrent du chômage et de l’exclusion. Il y a une grande différence entre les contestations pacifiques et le fait de nuire aux intérêts de la nation alors qu’elle est en guerre contre une pandémie. Il est temps de mettre hors d’état de nuire ces délinquants.  Car ce qui se passe dans le bassin minier et dans les autres sites de production de phosphate n’est plus un problème social. Ce sont des forfaits commis par des truands et toute faiblesse  de l’Etat face à ces agissements n’aura comme conséquence que faire disparaître  les valeurs républicaines. Evidemment, il peut y avoir des échanges avec les sit-inneurs pour essayer de résoudre les problèmes, ce qui est normal. Mais cela ne pourra jamais aboutir à des ententes tant que ce sont des caïds, des trafiquants et des contrebandiers qui mènent le jeu. Alors, basta ! Il est grand temps de montrer à cette poignée de truands que l’Etat ne reculera pas et que sa volonté de les déloger est forte. Le droit au développement, à l’emploi, aux attributs de la dignité sont des droits inaliénables et le gouvernement devrait agir dans ce sens pour mettre fin à la souffrance des citoyens dans le bassin minier, mais aussi il n’est plus tolérable, sous le couvert de la contestation sociale, qu’on prenne en otage  l’économie de tout un pays. Et il ne peut  y avoir de naïveté et d’angélisme en la matière.

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