L’épidémie du Covid-19 a eu un effet domino  chamboulant un contexte économique tunisien souffrant déjà de précarité. Les conséquences sont catastrophiques en ces temps moroses où l’arrêt d’activité de métiers comme ceux  de l’artisanat ont entraîné des stocks invendus estimés à 40 millions de dinars.

La situation épidémiologique a signé l’arrêt de mort de nombreux petits métiers dans le secteur de l’artisanat. Alors que certains tentent de relancer leur business, d’autres songent déjà à une reconversion professionnelle. C’est le cas de 50% des artisans tunisiens. Le besoin se réduit avec la carence du marché touristique ainsi que celui des exportations. L’annulation de 50 salons durant les mois de mars et d’avril a porté le coup de grâce à grand nombre d’artisans qui attendent ces événements annuels pour insuffler une bouffée d’oxygène à leur activité.

Pour identifier les maux que subit l’entreprise artisanale tunisienne, on a nul besoin d’œil photographique. Le métier crie à voix dolente et les hauts dirigeants radotent encore des promesses à ce secteur.

Avec une suspension de près de 800 entreprises et la mise en chômage forcé de 350 mille artisans, la situation dramatique des métiers de l’artisanat exige des mesures urgentes d’autant plus que le secteur contribue à raison de 5% au PIB national d’après les derniers chiffres de la Fédération générale de l’artisanat.

Pour Mohamed Mdimagh, délégué de l’Office national de l’artisanat (Onat), les mesures de sécurité sanitaire adoptées par le gouvernement ont certes semé la panique au sein du secteur mais la crise a réussi à dévoiler les maux des artisans. « Nous travaillons d’arrache-pied pour relancer l’activité artisanale . Le fléau du coronavirus a entraîné l’annulation d’événements importants, à l’instar de la foire annuelle du Kram, qui permet chaque année de booster les métiers de l’artisanat en apportant une grande visibilité aux artisans dans les divers domaines et spécialités ». Durement touché par la crise du coronavirus, le secteur de l’artisanat   nécessite un travail solide sur la communication et l’innovation afin de promouvoir à nouveau les produits tunisiens à l’échelle locale et internationale. « Il faudrait contribuer à faire davantage d’efforts pour rendre l’identité tunisienne plus visible en aidant  notamment les jeunes à monter des projets et en les dotant des outils nécessaires pour réussir dans  ce secteur qui commence à battre de l’aile».

G. A.

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