Equipe perfectible et ambitieuse cherche leader de type patron dans le vestiaire pour sa saison sportive. Grande expérience souhaitée. Psychologue, négociateur, médiateur et titulaire indiscutable. Auteur de trouble s’abstenir ! Voilà la petite annonce qui doit être la priorité des clubs en début d’année.

En décidant de tourner la page d’un taulier de l’équipe, un club se prive forcément d’une voix importante dans le vestiaire.
Même si les leaders techniques ne manquent pas, un onze a besoin d’un patron pour le représenter, ce que ni le capitaine ni même le buteur-maison ne peuvent toujours assumer.
Equipe perfectible et ambitieuse cherche leader pour sa campagne en Ligue 1. Grande expérience souhaitée. Psychologue, négociateur, médiateur et titulaire indiscutable. Auteur de trouble s’abstenir !
Voilà la petite annonce qui devrait être la priorité des clubs en début d’année. Cette annonce, certains techniciens de la place auraient pu la passer dans les colonnes des quotidiens nationaux.
Et faute d’avoir sous la main un leader naturel, les timoniers espèrent du moins voir émerger dans leur short-list un joueur capable de prendre la succession d’un Zied Jaziri, un Laassaâd Ouertani, un Samir Bakaou, un Badra, un Jaïdi, un Karim Hagui, un Hsoumi, un Agrebi, un Tarak Dhiab, un Zoubeir Baya, un Nabil Mâaloul, un Khaled Ben Yahia, cette denrée rare du parfait grand frère, sobre, réfléchi et pénétrant. Par rapport au vécu et à l’ancienneté, un taulier d’équipe est indispensable au sein du groupe. Certes, il y a aussi d’autres relais possibles, volet leadership, avec ces fortes personnalités de groupe qui sont généralement très appréciée dans le vestiaire.
Sauf que seul le cadre qui peut endosser le costume de patron fait figure de meneur, de leader naturel. Dans nos contrées, cette lignée ou même couvée de compétiteurs est en passe de disparaître. Idem en Europe où les Baggio, Signore, Baresi, Zoff, Zenga, John Barnes, Glenn Hoddle, Keegan, Shilton, Platini, Zidane et autre Laurent Blanc rendaient forcément les autres meilleurs à leur contact. Ce faisant, dresser le profil du taulier idéal n’est pas si évident quand on parle d’un sport d’équipe tel que le football.
Tout d’abord, la timidité naturelle est un frein pour un meneur.
Même s’il est talentueux et vertueux, ce ne sera pas l’homme providentiel recherché. Il faudra donc regarder parmi les autres.
Et pour dénicher l’homme du consensus, celui qui présente un profil intéressant et pourrait vite grimper dans la hiérarchie des «aboyeurs», il faudra laisser les choses se faire naturellement, le temps qu’un bonhomme émerge du lot et s’installe du côté du perchoir de l’équipe. Pas besoin de lui tendre la perche cependant, nous ne sommes pas dans un casting mais dans une hiérarchie de dominance et de construction. Et vous n’avez pas idée combien cela influe sur les résultats sur le terrain. Pourquoi ? Parce qu’un leader de vestiaire est aussi là pour monter au front ou recadrer des partenaires. Il a une oreille attentive et joue même le rôle de parrain et d’intermédiaire entre l’intendance et les joueurs.

Interface de connexion
Prenons l’exemple du Club Africain. En 2008, Lassâad Ouertani était non seulement l’âme de l’équipe mais aussi le grand frère, le protecteur, le chaperon même pour certains jeunots à l’instar d’un Zouheir Dhaouadi en pleine ascension. En dépit du fait que l’équipe regorgeait de «quadras» tels que Sellami, Souissi, Alexis, Boumnijel et Ben Yahia, il se distinguait par ce comportement paternaliste tout en imposant le respect. Respect, cet emblème de la Fifa prend d’ailleurs ici tout son sens. En football, tout est symbole et que chacun remplisse son rôle. A cet effet, dans un autre registre, contrairement à un taulier de l’attaque par exemple, le leader du groupe est là pour rameuter ses troupes, se lancer parfois dans envolées oratoires du côté du vestiaire et même haranguer certains parmi ses pairs. De par son expérience, sa maturité et son rôle de piston dans le cœur du jeu, il sera l’élu, celui qui récupérera le brassard qui lui revient de droit.
Ce n’est pas forcément sa nature mais son sens du collectif qui pourrait l’amener à monter en grade. De taulier il deviendra pilier, puis leader charismatique. Un cap sera franchi tout bénéficie pour un onze qui s’exprimera mieux sur le terrain.
On a longtemps cru qu’un taulier-capitaine est avant tout l’incarnation d’un système de jeu. Pas forcément. C’est avant tout quelqu’un de posé, de tranquille.
Quand il parle, tout le monde l’écoute, il fait l’unanimité dans le groupe. Par sa capacité à parler à l’équipe, c’est un joueur vers lequel on se tourne en cas de soucis. Il est expérimenté et fait partie des éléments sur qui ses pairs peuvent s’appuyer.
Sans aucun doute, tout grand club qui se respecte doit disposer d’un élément qui sert de guide, un homme qui possède ça dans le sang à l’instar d’un Chikhaoui à l’Etoile du Sahel.
De nos jours, que ça aille bien ou mal volet résultats, les joueurs prennent plus naturellement la parole pour livrer leur sentiment et leur vision des choses. Dans les moments difficiles, ces échanges permettent d’éclairer et d’exorciser le mal. Parfois même de percer certains abcès. Sauf que si l’on a pu voir tantôt les bienfaits de cette liberté de ton. Grâce à un seul canal de communication, celui du taulier, les questions-réponses sont plus pesées, convenues et aiguillées. Il est alors plus facile de cerner et de comprendre les problèmes qui minent un club grâce aux bons offices d’un maillon d’exception, qui, sera l’interface privilégiée des différentes composantes de l’équipe avec le reste de l’organisation.
Le football est décidément un sport de cohérence, de cohésion et de connexion surtout !

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