La plupart du temps, on se sert du CA plutôt que de le servir ! Les dérives financières ont changé d’échelle.

L’évolution de la gouvernance du CA, marquée par le retrait de Abdessalem Younsi, ouvre un nouveau chapitre de l’histoire d’un club aujourd’hui à la croisée des chemins. Le changement était attendu par les fans et il aura bien lieu. Quant au président sortant, il quitte le club au bout de deux ans, avec un bilan sportif insuffisant c’est le moins que l’on puisse dire. La gestion du club et les résultats sportifs ont donc précipité le départ de Younsi. Un départ voulu par tout le microcosme clubiste. Et après les critiques publiques exprimées concernant la gestion du club, le tout couplé au retrait du noyau dur du bureau clubiste, le «projet» du président sortant est tombé à l’eau. Le management actuel a atteint ses limites. Le CA doit passer à autre chose.

La roue tourne, le temps presse également

Maintenant, si la roue tourne, le temps presse également. Au-delà des tractations en coulisses en vue de dénicher un président «consensuel», parallèlement, volet équipe A du CA, l’urgence de la situation dicte l’urgence de l’action ! Il faut comprendre par là que Lassaâd Dridi navigue à vue et ne peut donc se projeter. En clair, manager la reprise dans cette situation d’incertitude est impensable ! Tout d’abord, le technicien clubiste doit avoir des garanties au plus vite et les coudées franches même. Et puis, quel interlocuteur en l’état ? Certes, les changements annoncés sont forcément liés aux nouveaux défis auxquels doit faire face le CA dans les périodes à venir. Sauf que l’incertitude économique globale qui pèse sur l’avenir du CA ne doit pas laisser l’équipe fanion en attente.

Trancher avec la spéculation

Le sport-roi est ce qu’il est. Ce beau jeu est désormais une activité économique à part entière, qui, dans le contexte actuel de l’augmentation vertigineuse des montants payés par les chaînes TV, ne laisse pas de place à l’amateurisme. Transposé au CA maintenant, le club de Bab Jedid a, semble-t-il, manqué le grand saut vers ce stimulant qu’est le professionnalisme. Il doit maintenant s’atteler à rattraper le coup sans brûler les étapes.

Pour revenir aux acteurs du jeu, ce ne sont plus de simples travailleurs. Oui, le footballeur est aussi une «marchandise», potentiellement juteuse d’ailleurs ! Et au CA, les mouvements de joueurs interviennent souvent dans un contexte de grande opacité qui favorise l’émergence de dérives multiples ! Aujourd’hui, au CA, ce que l’on note depuis quelque temps, c’est que les principaux bénéficiaires du système prévoyant le paiement d’indemnités sont, de plus en plus, certains agents de joueurs encore heureux ! Nous sommes juste là en présence d’un marché spéculatif qui profite aux intermédiaires plus qu’au Club Africain. Il faut résolument en finir avec ce type d’acteurs qui ne manquent pas d’acquérir avec le temps des positions dominantes. En résumé, le CA doit réagir et s’adapter pour se sécuriser à terme. L’objectif, toujours à terme, serait qu’aucun joueur en fin de contrat ne puisse par la suite s’engager autre part sans le versement d’une compensation financière en faveur du club de Bab Jedid.

Paradoxe !

Au CA, depuis des années, l’argent a fini par atterrir dans les poches des joueurs et de leurs agents, de manière beaucoup plus consistante que par le passé ! C’est même paradoxal comme situation, sachant que sur le plan juridique, un intermédiaire doit théoriquement être rémunéré exclusivement par son mandant pour les services rendus, et en aucun cas par une tierce partie.

Dans la réalité, par contre, les commissions, plus ou moins occultes payées aux agents des joueurs qu’ils souhaitent enrôler, sont monnaie courante au CA.  La plupart du temps, on se sert du CA plutôt que de le servir ! Les dérives financières ont changé d’échelle. Et le parallèle avec le monde de la finance se prolonge à cet égard !

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