Avec des finances à sec et dans une conjoncture économique rendue plus difficile à cause de la pandémie de coronavirus, le plus difficile sera de trouver les ressources financières nécessaires pour que la préparation d’intersaison puisse avoir lieu dans les conditions… requises

Nos clubs souffrent le martyre sur le plan financier, et ce, avant même la crise engendrée par la pandémie du Coronavirus. Aujourd’hui, la situation est encore plus difficile, voire catastrophique, et l’aide financière de la FTF n’est pas suffisante pour que les clubs, notamment ceux de la Ligue 2, puissent retrouver une activité sportive… normale.

L’Avenir Sportif de La Marsa en fait partie. Avec l’arrêt de trois mois de l’activité sportive, la reprise s’annonce difficile : «Je n’ai pas de reproches à faire sur le volet sportif. Au contraire, avec la reprise de la compétition décalée au mois de septembre, nous avons un bon intervalle de temps pour respecter les six, voire les huit semaines nécessaires pour programmer une préparation d’intersaison conformément aux normes. Une conformité qui permettra de préserver la santé des joueurs et c’est l’essentiel», nous a déclaré le président de l’ASM, Ahmed Ben Youssef, avant de poursuivre : « En tant que premier responsable de l’ASM, j’aurais aimé que le championnat reprenne là où il s’est arrêté. Mais le vote des clubs en a voulu autrement. L’Avenir Sportif de La Marsa respecte l’avis de la majorité. Nous reprendrons la compétition avec, pour objectif, éviter la relégation ».

« La FTF doit nous assister » 

Avec une reprise des plays-out décalée au mois de septembre, les clubs de la deuxième moitié du tableau de la Ligue 2 ont tout l’été pour affûter leurs armes. Mais il y a un hic : les caisses des clubs sont vides et les montants des impayés sont de plus en plus conséquents à cause de la crise : «La FTF a fourni une aide financière. C’est un geste louable, certes, mais les montants de ces aides financières ne sont pas suffisants pour que les clubs puissent redémarrer leur activité. De plus, nous sommes confrontés à faire face à des dépenses supplémentaires à cause de l’arrêt de la compétition. D’habitude, nous arrêtions la saison au mois de mai. Cela nous permettait de faire le solde de compte des joueurs, de les libérer pour un mois de vacances. Du coup, les clubs peuvent respirer financièrement au mois de juin car ils n’ont pas de salaires à payer. Un mois de répit qui nous permettait en temps normal, nous responsables des clubs, de préparer l’exercice suivant, notamment le budget de la préparation d’intersaison et l’argent à débloquer pour la signature des contrats des joueurs. Or, aujourd’hui, nous nous trouvons avec des dépenses supplémentaires. Nous devons payer les joueurs pour les trois mois d’arrêt de la compétition. Ainsi, nous avons trois mois supplémentaires de salaires à payer vu que les joueurs restent à notre disposition jusqu’au mois de septembre. Comme le mercato estival est décalé aussi, il n’y aura pas d’entrées d’argent émanant des transferts. Tout cela a un coût et je pense qu’il est impératif que la FTF nous assiste financièrement et ne se contente pas d’aides occasionnelles ».

Reprise à la mi-juin !

Le staff technique marsois est en train d’élaborer le programme de la préparation d’intersaison. Comme la reprise de la compétition est prévue pour le mois de septembre, le staff technique a les mois de juillet et d’août pour étaler son programme. Les responsables banlieusards pensent avancer la date de la reprise des entraînements à la mi-juin étant  donné que les joueurs sont restés longtemps inactifs. L’idée est d’assurer une reprise en douceur durant 15 jours avant d’entamer la première phase de la préparation proprement dite à la première semaine de juillet.

Reste à savoir dans quel état d’esprit les joueurs débarqueront, compte tenu des arriérés que le club leur doit ? Toute la question est là.

Avec la conjoncture économique actuelle, le grand défi des responsables sportifs et pas seulement ceux de l’ASM est de renégocier les contrats avec les sponsors, même s’il faut attendre à ce que tout soit revu à la baisse.

Bref, la gestion financière est le dilemme des dirigeants sportifs pour la période à venir, ce qui rend la reprise difficile. C’est même un casse-tête chinois.

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