«Durant les mois de mars, avril et mai, le marché s’est comporté d’une manière relativement satisfaisante indépendamment des contrôles qui ont été effectués».

Selon les dernières données publiées par l’INS, le taux d’inflation s’est stabilisé à 6,3% au mois de mai 2020, après des augmentations successives durant les deux mois précédents, en l’occurrence mars et avril. Cette période où les prix à la consommation ont enregistré une augmentation pour la première fois après 6 mois de repli coïncide, en effet, avec l’apparition de l’épidémie du coronavirus en Tunisie, mais également avec toute la période du confinement total et les premières phases du déconfinement ciblé.

Ainsi, le taux d’inflation est passé de 5,8% au mois de février 2020 à 6,2% au mois de mars, puis 6,3% au mois d’avril pour se stabiliser à ce même taux au mois de mai. Cette évolution reflète, globalement, que les commerçants et tous les intervenants du commerce et des circuits de la distribution ont “bien géré la situation”. C’est ce qu’a affirmé, en somme, l’économiste Tahar Almi, qualifiant cette gestion par “la spécificité tunisienne de cohésion”.

Le pic de l’inflation

“Durant les mois de février, mars, avril et mai, les produits alimentaires étaient offerts à des prix fluctuants, notamment selon la région.  Même s’il y avait  beaucoup de commerçants qui ont profité de la crise pour augmenter les prix, les commerçants et les magasins ont, globalement, bien géré la situation. Le marché s’est comporté d’une manière relativement satisfaisante indépendamment des contrôles qui ont été effectués ”, a-t-il expliqué dans une déclaration accordée au journal La Presse.

En effet, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5%  au mois de mai,  après une augmentation plus accélérée à hauteur de 0,9% en avril et de 0,8% en mars. Le pic d’inflation, étant en avril,il y a eu une décélération des prix au mois de mai. “Les consommateurs se sont assagis. Il y a un retour à la normale”, explique Tahar Almi.    

Selon le communiqué publié  par l’INS, la stabilité du taux d’inflation  est la résultante d’une décélération du rythme d’augmentation des prix de l’alimentation (augmentation de 4,7% contre 6,2% sur un an) contrecarrée  par une accélération du rythme de l’augmentation des prix des services de transport (augmentation de 12,7% contre 5% sur un an) et des prix des services des restaurants, cafés et hôtels (13,5% contre 9,6%).

Restauration commerciale à l’arrêt

En revanche, l’augmentation des prix à la consommation de 0,5% sur un mois  est principalement liée à la hausse des prix des services de restauration et d’hôtellerie de 3,5%, des tarifs des services de transport de 7,4% et des prix des services et produits de santé de 1,1%, contre une baisse de 0,4% des prix de l’alimentation. “Je ne comprends pas cette augmentation des prix des services de restauration et d’hôtellerie, dans la mesure où la restauration commerciale a été mise à l’arrêt durant toute cette période.

La baisse des prix de l’alimentation est, en revanche, logique, puisqu’il s’agit d’une baisse conjoncturelle saisonnière. L’augmentation des prix des produits de santé (1,1%) est normale et très supportable dans la mesure où  nous vivions une crise sanitaire ”, a précisé l’économiste.

L’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) a augmenté de 0,6% sur un mois pour se situer à 7,6% après une stabilité à  7,0% marquée durant les mois d’avril et de mars. “7,6% d’inflation sous jacente, c’est peut-être un peu trop, mais elle demeure en dessous du taux d’inflation des prix industriels”, a noté Almi. Et d’ajouter “ 6,3% d’inflation c’est beaucoup.

Le système tunisien est fait pour un taux d’inflation de 3% maximum. La politique des prix en Tunisie nécessite un nettoyage. Il n’y a pas suffisamment de contrôle . Ce qui gêne beaucoup c’est le marché parallèle qui fait que les données sont biaisées. La politique de surveillance des prix de la BCT est très bonne, voire excessive parce que je suis persuadé que l’inflation n’est pas monétaire.

Si la BCT baisse les taux vers le bas soit à un niveau de 5%, ça serait au profit des entreprises, puisque ça va réduire les coûts financiers. L’évolution du  taux d’inflation dans la période à venir est conditionnée par le comportement du dinar qui est, à son tour tributaire des trois facteurs suivants: la saison agricole, le comportement du secteur minier qui a un impact sur la devise et, enfin, le tourisme”.

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