LES deux fameuses et désormais historiques séances plénières du Parlement des 3 et 9 juin consacrées aux deux motions sur la stigmatisation de toute intervention militaire étrangère en Tunisie et à l’exhortation de la France à s’excuser pour les crimes qu’elle a commis en Tunisie durant l’époque coloniale et à consentir d’indemniser les victimes qui ont souffert de ses horreurs et les résultats auxquels ces deux séances ont abouti resteront dans les annales de la riche action parlementaire tunisienne vieille de près de plus de soixante ans (la première Assemblée nationale constituante ayant démarré ses travaux fin avril 1956 en vue de la rédaction de la première Constitution tunisienne promulguée effectivement le 1er juin 1959) comme étant les deux dates les plus sombres dans l’histoire du palais du Bardo puisqu’elles ont offert au monde une image, le moins qu’on puisse dire, dégradante de la Tunisie, insultante de son histoire riche d’événements majeurs, et indigne du parcours civilisationnel de ses grands militants et des personnalités nationales qui ont jalonné son histoire glorieuse aussi bien à l’époque de la lutte anticoloniale que lors de celle qui a marqué l’édification de l’Etat moderne indépendant et aussi de celle qui a couronné la révolution du 17 décembre 2010-14 janvier 2011.

En effet, ce qui s’est passé les 3 et 9 juin 2020 au palais du Bardo (refus des députés de dénoncer l’interventionnisme militaire étranger en Libye quelle que soit sa provenance et rejet de la demande à la France de s’excuser auprès des Tunisiens pour ses crimes colonialistes) constitue un véritable coup d’épée dans le dos du peuple tunisien, un acte de trahison qualifiée asséné par ces mêmes députés à ceux qui leur ont accordé leur confiance en vue de préserver et de défendre, haut et fort, leurs intérêts sur les plans national et international, et enfin une manifestation de déni clair du sens même de la souveraineté nationale qu’ils sont censés défendre et de la volonté populaire qu’ils assument la responsabilité de représenter cette image rayonnante et glorieuse que les Tunisiens ont réussi à offrir au monde en présentant leur pays comme étant le seul parmi ceux du printemps arabe à avoir gagné le pari démocratique se trouve aujourd’hui écornée du fait des erreurs et des pratiques inacceptables de son «élite parlementaire» qui s’est malheureusement inscrite dans un processus de fuite en avant menaçant l’essence même ainsi que le futur de l’expérience démocratique nationale.

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