Le cas des diplômés des instituts de sport, spécialité éducation physique, est un véritable drame. En sit-in devant le ministère des Sports, ces jeunes traînent un vilain chômage depuis 2011. C’est-à-dire qu’ils ont obtenu leurs diplômes en 2011 et même en 2010 pour certains, sans avoir été  recrutés par les ministères de l’Education et des Sports. Depuis 2015, le FMI a imposé au gouvernement tunisien de ne plus recruter dans le service public dans le cadre des réformes structurelles de l’économie tunisienne (cette mesure n’a pas eu d’effet que sur le sport mais dans tous les domaines de la fonction publique).

Résultat, ces centaines de jeunes sont restés sans travail et même si, en 2012, Tarek Dhiab a intégré  un nombre de ces   diplômés cela n’a pas suffi. Entre-temps, un petit nombre de ces diplômés    a réussi à intégrer le secteur privé: création de salles de sport, reconversion dans un autre métier de sport, prestations de service individuel pour les particuliers), mais l’autre débouché, formé des clubs et associations tous sports confondus, n’a pas beaucoup bronché. Rares sont les clubs qui ont intégré ces «anciens» diplômés qui, avec les années, ont perdu de leurs aptitudes techniques. Où vont les choses? Ces diplômés désespérés vivent la misère, voient leur avenir en noir et constatent que des diplômés plus jeunes qu’eux sont en train de rejoindre des clubs, ou de travailler en privé. Eux, ils insistent pour être recrutés par l’Etat en tant qu’enseignants d’éducation physique, alors que le gouvernement ne le fera pas pour des raisons budgétaires. Les fédérations et les clubs, dans la limite du possible, peuvent profiter des services de ces diplômés qui doivent, eux aussi, faire preuve de plus de souplesse. Un emploi à vie dans le secteur public, c’est pratiquement une illusion pour le moment. Peut-être bien un programme financé par le ministère des Sports pour aider les clubs et aussi les fédérations à recruter petit à petit ces diplômés serait une idée utile. A quoi alors servent ces instituts de sport où l’on en voit de toutes les couleurs et où la qualité est un vrai problème. Injecter des diplômés sur le marché du travail sans la moindre garantie est une erreur. Il faut encourager plus ces jeunes à aller vers l’entrepreneuriat sportif, et vers la spécialisation dans d’autres métiers de sport. Le statut d’enseignant d’éducation physique classique qui passe 30 ans à travailler avec les mêmes méthodes est révolu. Le droit au travail est sûrement sacré, mais faut-il le réclamer et le défendre avec des arguments plus solides.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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