Enseignement supérieur – Système LMD: A quand le changement de régime ?

A l’heure où le Maroc a choisi de mettre fin au régime LMD (licence, master, doctorat) pour immigrer vers un système anglo-saxon, la Tunisie continue encore à appliquer un régime jugé «obsolète».  Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s’est  jadis penché sur  le sujet pour une éventuelle réforme du système, mais aucun changement n’a été opéré jusqu’à aujourd’hui.

Censé valoriser les compétences des étudiants, le système LMD copié directement du système français n’a pas tenu ses promesses. Décidément, personne n’en parle. Au contraire, on laisse toujours le choix aux structures officielles de procéder à des révisions du système de l’enseignement supérieur sans impliquer les principaux concernés, en l’occurrence les étudiants.«Le système LMD a montré ses limites, notamment en termes de rendement et de compétitivité avec les systèmes étrangers. C’est pour cette raison que les bacheliers préfèrent poursuivre leurs études à l’étranger. La plupart des pays se sont convertis en système Bachelor pour être en adéquation  avec les besoins du marché de l’emploi et réduire la courbe du chômage»,  indique Fourat Beji, étudiant en Business Administration.

Décriée par la communauté estudiantine et par certains enseignants et cadres universitaires en ce qui concerne son efficacité à long terme, le système LMD ne semble pas s’adapter à l’évolution des systèmes d’enseignement et d’apprentissage des compétences à l’échelle internationale qui ne cessent d’évoluer sans cesse.

Pour Noomen Jemaâ, chef du département audiovisuel de l’Université Centrale de Tunis, le système est mal adapté et ne couvre nullement les besoins du marché de l’emploi à l’échelle nationale et internationale.

« Le système LMD est mal appliqué parce qu’il est copié sur le système LMD en Europe et n’a pas pris en compte les spécificités du système d’enseignement supérieur tunisien. De plus, les Européens cherchent à encourager la mobilité aux étudiants. Or, en Tunisie, cela est quasiment inexistant dans le sens où il est devenu rare de voir un étudiant en cours de ses trois années de licence partir à l’étranger pour faire un semestre en mobilité » avait-il lâché. Entre des programmes trop chargés et les problèmes liés au transport et au logement, l’étudiant tunisien fait tout pour poursuivre ses rêves et aller de l’avant bien que le parcours soit semé d’embûches.

Voir un bon nombre d’étudiants quitter le pays juste après l’épreuve du Bac est la preuve que le système de  l’enseignement supérieur se meurt à petit feu.

Ghazi Arfaoui

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