Le Club Africain n’est ni un gouffre aux chimères ni encore moins le théâtre des funambules. C’est, avant tout, l’unique et le seul fournisseur officiel d’émotions.

Par le passé, le CA a vécu des calvaires avant de rectifier le tir. Mais là, le fardeau est trop lourd et les solutions envisagées à court terme pas toujours au niveau du statut du club. Qu’est-ce qui s’est donc passé pour que le CA en soit arrivé là ?! Qu’est-ce qui a pu se produire pour que le CA organise à nouveau sa «grande messe» sous l’égide et le «contrôle» de la FTF ?! Une succession de choix erronés peut-être ? De casting aux antipodes des besoins du club sûrement, de management défaillant, de mauvaise gestion, de déchirements internes, de frilosité, de passivité! Aujourd’hui, le réveil est brutal. C’est le coup de massue pour un club qui doit dorénavant travailler plus que les autres pour combler son retard et ne plus être la risée de ses concurrents ! Regardez l’équipe A, après un travail colossal signé Lassaâd Dridi, le groupe a été démobilisé en quelques semaines ! Pourquoi ? Parce que les joueurs sont perturbés, victimes de la nonchalance de l’administration. Et après, ça se dit pro comme gestionnaire ! Aujourd’hui, il faudra probablement bien plus de temps pour reconstruire le puzzle. Oui, le CA traverse une zone de turbulences, entre divisions internes, pessimisme et absence de visibilité. Voilà pour le côté obscur du CA, où dans un contexte électrique, il va falloir se réinventer et tordre à terme le cou à ses détracteurs, s’il y parvient. Le cas échéant, le défi n’en serait que plus taquin et le challenge forcément excitant…

Manager le changement

Emotion, dépression, puis ambition, avec sa trajectoire de type sinusoïdal, le CA s’est retrouvé ces derniers temps à un rang bien inférieur aux objectifs claironnés par ses dirigeants depuis presque deux ans. Il est donc temps pour le bastion clubiste de chercher l’homme de la situation. Difficile à dire cette fois-ci, d’autant plus que par le passé, les fans croyaient l’avoir trouvé en la personne de Slim Riahi.

Aujourd’hui, le CA traîne dans des eaux troubles. Pour la seconde saison consécutive, le club est menacé par les instances. Dès lors, le moment est forcément venu d’en finir avec les sommations en tout genre. Bref, le CA a besoin d’un homme à poigne qui a la carrure de l’emploi et une profonde connaissance du milieu clubiste.

Le CA est donc en quête d’un stratège qui s’investisse pleinement quand il s’agit de veiller aux destinées du club. Le Club Africain n’est ni un gouffre aux chimères ni encore moins le théâtre des funambules. C’est avant tout, l’unique et le seul fournisseur officiel d’émotions ! C’est toujours bon de la rappeler, mais à l’avenir, le CA ne peut plus se limiter à seulement exister à la lumière de son passé. Voilà qui est dit, voilà, c’est dit ! Maintenant, la position actuelle du CA est indigne d’un club centenaire, une institution. Et pour les tenants, c’est porter atteinte à la dignité du club que de se limiter à sauver les meubles et les apparences.

Stop à la valse des mouvements virtuels !

Passons maintenant aux acteurs du jeu. Franchement, pour ses 100 ans d’existence, le CA doit rendre grâce et s’armer d’humilité avant tout. Inutile d’annoncer l’arrivée d’une pléiade de vedettes, la reconduction du groupe actuel fera l’affaire, mais encore faut-il l’armer en conséquence. Bref, volet message aux aboutissants : évitez-nous les effets d’annonces que vous mettrez par la suite sur le compte d’un «excès d’amour» pour le club ! Dans la perspective de la reprise, le CA doit absolument se remettre à l’endroit. Bien sûr, il y a le contrecoup de l’héritage de Slim Riahi. Mais l’exécutif d’Abdessalem Younsi a aussi sa part de responsabilité.

Au final, l’image du club le plus populaire de Tunisie semble plus que jamais écorné, le temps de passer à autre chose, sûrement. Aujourd’hui, la singularité la plus forte du CA est celle d’avoir des supporters dans toute la Tunisie. Pour beaucoup même, le CA, c’est le club de la fierté retrouvée, de «l’émigration» économique vers le Grand-Tunis, des provinciaux venus travailler en métropole. Incontestablement, le CA est sorti de Bab Jedid. C’est un club qui brasse désormais large. Pour ces millions de fans, l’homme qui saura de nouveau les faire vibrer, et faire en sorte que le CA retrouve sa splendeur d’antan, cet homme-là est attendu avec une vive impatience.

Incarner une ambition nouvelle

L’AGE va bientôt se dérouler. Mais pas de places aux «secondes noces» après coup. Le prochain bureau doit parfaitement incarner cette ambition recouvrée après ces quelque deux ans de léthargie. Il s’agit donc d’affronter cette épreuve main dans la main pour en ressortir beaucoup plus fort, dans l’adversité la plus totale !

Il ne faudra pas oublier cependant que les histoires de «gros sous» vont venir, encore, au fur et à mesure de la saison, pour «polluer» cette belle romance clubiste… N’empêche, les futurs tenants s’activent en ce moment à restaurer une image écornée par les événements récents. «Jusqu’ici tout va bien, le plus important n’est pas la chute mais l’atterrissage». Cette phrase culte correspond forcément au CA de ces derniers temps.

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