«Haut les filles» donne le micro à dix chanteuses : Jeanne Added, Jenny Beth, Lou Doillon, Brigitte Fontaine, Vanessa Paradis, Charlotte Gainsbourg, Françoise Hardy, Imany, Camélia Jordana et Elli Medeiros qui évoqueront passionnément la musique rock.

Simultanément, avec la montée du rap et face aux clichés virils, une autre effervescence est toujours en train d’avoir lieu : celle du rock au féminin, d’un culte du corps de la femme, de l’apparence, du désir, du genre, du vestimentaire, à la morphologie… De nouveaux codes sociaux et une cassure avec le passé sont clairement visibles. François Armanet, dans son documentaire de 1h20, donne la parole à dix artistes femmes iconoclastes pour nous parler de la culture rock, de leur vécu houleux, sur les 60 dernières années. «Haut les filles» donne le micro à dix chanteuses : Jeanne Added, Jenny Beth, Lou Doillon, Brigitte Fontaine, Vanessa Paradis, Charlotte Gainsbourg, Françoise Hardy, Imany, Camélia Jordana et Elli Medeiros qui évoqueront passionnément la musique rock. Un style musical qui a connu un véritable tournant et une réorientation à la racine pendant les 10 dernières années et sur les décennies précédentes, et ce, en grande partie grâce aux femmes : 60 ans de rock français à travers une dizaine de regards féministes.

Ce pari hautement risqué de la part d’un réalisateur de faire un film sur le rock féminin ou féministe a été finalement hautement mené. Le film reste très plaisant à voir de par son montage, aux interventions de ses protagonistes, en passant par sa musique. Il se vend léger, se regarde d’une seule traite tout en permettant au spectateur d’apprendre beaucoup. Les extraits historiques choisis restent pertinents et reviennent sur tout un pan de l’histoire de la lutte féministe à partir des années 60 voire avant, étroitement liée à la musique rock. Les changements des styles musicaux et les chamboulements sociaux y sont très communiqués. Les intervenantes-chanteuses retenues permettent au spectateur de souffler et de ne pas se plier au trop-plein d’archives et de contenus, rendant le documentaire moins exhaustif. La personnalité hautement distinguée des protagonistes rend attrayant le film : elles sont dans la confidence, sont des bêtes de scène et sont d’un naturel saisissant. Entre personnalités brûlantes, passion, et effort surdimensionné de se faire une place dans une époque et un milieu ultra-machiste, le spectateur s’évade et accroche jusqu’au bout. Elles rêvent d’un monde où l’on ne parlerait pas beaucoup de genre. Des rêves, elles en avaient plein la tête et les expriment aisément face à la caméra de François Armanet.  

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