Malgré les mesures draconiennes prises à leur encontre, certains ont décidé de passer leurs vacances en Tunisie.

Très vraisemblablement, le retour estival de nos émigrés dérogerait, cette année, à la tradition, en s’annonçant moins massif que d’habitude. Plusieurs signes convergent vers cette hypothèse, à savoir la réapparition du coronavirus dans nos murs, ce qui n’exclut pas,redoutent certaines sources médicales, l’enregistrement d’un nouveau pic en été ; l’indiscipline avérée d’une large frange de la population tunisienne qui a tôt crié victoire contre le Covid-19, en s’enhardissant à faire fi des mesures préventives pourtant sans cesse réitérées par les autorités. 

Et la crainte de voir nos hôteliers jeter leur dévolu sur la clientèle locale, en usant d’abus (surfacturation, mauvaises prestations de services, restrictions sanitaires…), et ce, dans le but de compenser les pertes dues à l’absence, presque acquise, des touristes étrangers. Il est vrai que ces derniers, du moins pour le moment, tardent à se manifester, comme en témoigne le mouvement trop lent des réservations par rapport à la même période de l’année écoulée. 

A chacun ses convictions 

Pour toutes ces raisons, nombreux sont nos émigrés qui ont décidé de boycotter la patrie, cet été. «Après la réouverture des frontières en Europe, j’irai passer mes vacances en famille au Portugal où les offres sont beaucoup plus tentantes que celles provenant de Tunisie», indique Rami ,47 ans, résidant dans la région parisienne qui parle de «décision irrévocable».

Pour sa part, notre compatriote Salah, technicien supérieur dans une firme d’informatique basée à Lyon, a déjà fait son choix, en préférant le Midi français à sa Sousse natale. Habib, autre Tunisien travaillant à Malmoe (Suède ) a, à son tour, juré de ne pas rentrer, cet été, au bercail, imputant ce niet «aux sombres incertitudes qui pèsent sur la Tunisie dans tous les domaines, outre le fait, non moins inquiétant, que notre colonie à l’étranger n’a presque plus confiance en la bonne volonté de l’Etat vis-à-vis de la population, ce qui donne, à mon avis, la nette impression que rien ne sera plus comme avant chez nous.

«Et Habib de conclure : «heureusement que j’ai ramené en Suède ma femme et mes deux enfants auxquels je compte offrir des vacances plus sûres en Espagne».

Mais, parbleu, pourquoi nos travailleurs à l’étranger sont-ils devenus si sceptiques, si réticents ? Ont-ils raison ? «Croyez-moi, c’est un faux problème» assure une source du ministère du Tourisme qui précise que «contrairement aux rumeurs fantaisistes circulant ça et là, rien, absolument rien n’a changé quant aux offres et prestations de services devant être réservées au tourisme local qui bénéficiera, cet été plus spécialement, de la priorité des priorités, avec, toutefois,  ceci de nouveau, à savoir l’obligation absolue de se conformer aux strictes mesures de prévention contre le coronavirus.

N’empêche que beaucoup de Tunisiens exerçant à l’étranger ont dit non à la rupture avec la vieille tradition de venir passer ses vacances en été en Tunisie. Rachida qui vit au Qatar y adhère mordicus. «Quoi qu’on en dise, s’écrie-t-elle, rien ne vaut la Tunisie, son soleil, ses plages, ses souks et ses belles veillées. Non, pour tous les trésors de la terre, je n’irais pas ailleurs».

Dans la foulée, nous apprenons que des milliers de nos émigrés restés solidement fidèles à la patrie ont réservé leur retour au bercail pour les vacances d’été. Pourvu qu’ils ne le… regrettent pas ! Un message pour les autorités afin de leur garantir un agréable séjour. 

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