Voyager en train, pour certaines gens, est synonyme de plaisir, ça fait vibrer plus d’un sens, le visuel en premier. Pour ces mêmes gens, les gares sont un monde à part, elles fourmillent de mille et une inscriptions.

Leurs murs, leurs banquettes, sobre et silencieux témoin, portent  les stigmates du temps présent et, prémonitoires, disent de quoi serait fait le futur, chantent la joie hédonique, les affres d’un malaise, des souffrances tues, un mal-être.

Ainsi, des solitaires viennent-ils y griffonner  leur désarroi, leur impuissance face à la fuite inexorable du temps. Pour illustrer ce sur quoi nous dissertons, il y a un tout petit poème fort exquis et d’une beauté à vous laisser coi. Il est en dialecte égyptien. Traduisons : «Et avec les jours, revient quelqu’un, meurtri, endolori et plein de regrets tandis que quelqu’un d’autre vit heureux, dispos et repu». N’est-ce pas subtil et pertinent? Toute cette subtilité qui côtoie une littérature scatologique, d’errance, de non-moi, de descente aux enfers, d’être et de non-être hante ces lieux. Des slogans, il y en a à profusion : célébrant un exploit sportif, annonçant le passage de «vandals» et autres «dodgers», regrettant des amours déçues, à côté d’invocations de faux prélats qui semblent vouloir répondre à des «impies».

Tout un monde anonyme qui donne la réplique  à un autre tout aussi occulte.

Des moments de rêverie que nous dédie un microcosme fait d’illusions sorties droit du réel. A décrypter.

M.H.

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