Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté hier, 1er juillet, à l’unanimité, la résolution 25/32-2020 soumise par la Tunisie et la France portant sur la lutte contre la pandémie de coronavirus.
Cette victoire tuniso-française met un terme aux théories fantasques les plus étranges et effrayantes sur l’efficacité de la diplomatie tunisienne. Elle vient à point nommé doucher les espoirs d’un flop des efforts consentis en faveur d’une cause mondiale et d’un plaidoyer pour l’humanité et le droit à la santé des plus vulnérables.

Mais elle ouvre aussi les lucarnes de l’espoir sur un monde meilleur, plus apaisé avec moins de conflits armés en temps de pandémie où le fait de ne pouvoir circonscrire l’épidémie dans les zones de combats aura de graves répercussions sur la paix et la sécurité internationales.

Au grand dam de ceux qui ont tenté de coiffer au poteau le Président de la République, de caricaturer sa politique internationale, misant sur un homme seul, replié dans son palais, n’ayant pas de parti, s’appuyant sur un gouvernement ébranlé, entouré de conseillers peu enclins à lui dire les choses telles qu’elles sont, ont fait une incroyable série d’erreurs de jugement et d’incompréhension.

Ceux-là mêmes qui ont parié sur le conflit sino-américain pour faire capoter une initiative qui interpelle des millions de gens livrés à eux-mêmes en pleine crise sanitaire, pris dans les filets des guerres atroces, guettés par le spectre de la mort sous un regard indifférent et glacé, n’ont pas compté avec le sursaut de conscience de deux présidents que le destin a réunis dans un seul conseil, pour être les porte-voix des démunis, des laissés-pour-compte et des vulnérables.

Devant l’évidence des faits, il faut reconnaître sans hésitation que la Providence divine mène le monde et choisit les hommes qu’elle veut pour la réalisation des grands desseins qu’elle a prédéterminés. Dans la sélection, il y avait Kaïs Saïed et Emmanuel Macron, dont la convergence de vues sur des questions aussi vitales qu’humaine telles que le Covid-19 et ses effets néfastes sur les hommes et les femmes que compte le globe n’a fait que raffermir le combat contre la misère médicale, contre l’injustice sanitaire et pour un accès équitable aux soins en temps de guerre.

Une noble mission dont ils se sont acquittés avec honneur, valeurs et détermination. Force est de reconnaître que la tâche n’était pas facile et qu’il fallait des efforts herculéens pour que l’entreprise abatte ses fruits d’autant plus que le rideau de fer divisait deux grands protagonistes du monde, à savoir Donald Trump et le président chinois Xi Jipping, sur la gestion du Covid-19 et qu’il s’en est fallu de peu que l’Organisation mondiale de la santé, ce temple de la santé mondiale, vole en éclats.

Plus de quatre mois de travail rompu à contourner les obstacles et à rapprocher les points de vue, pour placer l’intérêt de l’humanité avant l’intérêt des nations. Depuis le mois de mars, les deux présidents se battaient sur tous les fronts sans le claironner sur tous les toits, pour dire que la santé est aussi une question de sécurité. Et que pour que les gens vivent, il fallait non seulement faire taire les armes, mais aussi les maux et les virus.

Hier, l’humanité a franchi un grand pas en direction d’un monde plus sûr, plus sain, plus équilibré. En effet, estimant que les situations de violence et d’instabilité résultant de ces conflits peuvent conduire à la propagation de l’épidémie et à l’incapacité de contenir ses effets, la résolution votée stipule non seulement la cessation des conflits armés pour une période déterminée mais aussi appelle les différentes parties concernées à établir une trêve pour permettre l’acheminement des aides humanitaires. Cette résolution revendique également que les missions de maintien de la paix soient autorisées à s’acquitter des tâches qui leur sont confiées dans les zones de conflits.

Il y a quelques jours à peine, on sifflait du bout des lèvres que la visite de Kaïs Saïed à Paris n’avait pas de sens et qu’il était rentré bredouille. Il y a quelques jours, on vilipendait par des formules assassines l’œuvre engagée par les deux présidents. Il y a quelques jours, on survolait d’un œil morne les points à l’ordre du jour de cette visite, dont le projet de résolution figurait pourtant en bonne place et on n’hésitait pas sur les mots réducteurs pour dénigrer l’initiative et ses protagonistes. Aujourd’hui, la réponse est venue. Elle est à couper le souffle. Elle met aux aubades sous les balcons des bons. La machine à blâmer est déjà grippée, mais elle continuera sûrement de ronronner. La visite de travail du Président à Paris n’était pas une vaine entreprise. Elle a réussi à faire engager le monde dans un nouveau tournant, celui de la solidarité, de l’humanisme. C’est à un éveil de conscience collectif qu’elle a abouti. Et elle continuera d’imprimer aux relations bilatérales le sceau de l’action commune sur un socle nouveau de valeurs partagées pour les années à venir. Loin de nous l’idée de rebomber le torse au Président Kaïs Saïed ou de marquer des points à son actif, mais il faut reconnaître  que l’homme a réussi. Qu’avec lui la voix de la Tunisie retrouve de sa superbe dans le concert des nations.

Mais aussi le vote en bloc de pays frères et amis en faveur de cette résolution illustre de façon éloquente l’estime qu’on voue à la diplomatie franco-tunisienne et l’espoir fondé sur une coopération internationale dénuée de toute exigence d’alignement au forceps sur les positions des politiques des axes. Faut-il voir dans cette victoire aux résonances multiples, qui débordent les frontières locales, un message à l’unisson et un appel à l’action ou va-t-on continuer à voir l’édifice Tunisie s’effilocher à cause des querelles intestines ?

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