Notre sport est tellement désordonné, tellement mal structuré et bien sûr injuste et spolié, que le rêve de le voir changer vers le meilleur et de devenir «clean» et éthique relève de la chimère. Une illusion, une fantaisie qui habitent en nous mais qui demandent  un miracle pour être concrétisées.

Beaucoup de gens impliqués de près ou de loin dans le sport tunisien partagent le même vœu : ils attendent que le sport tunisien se débarrasse de tous ses maux, ou du moins qu’il prenne le chemin des réformes. On a tellement vécu de déceptions, de contrariétés et on a tellement assisté à l’effondrement des valeurs sportives depuis des années, que le fait de croire que les choses vont changer si facilement est une chimère. Espoir ou chimère, optimistes ou pessimistes, le problème ne réside pas là. Il réside ailleurs et c’est là le casse-tête. Réformer notre sport, mettre fin aux jeux de corruption, de complaisance et d’abus de pouvoir aux fédérations et aux clubs et donner sa chance aux champions, aux gens qui savent diriger et aux compétences techniques écartées vers l’étranger ne dépend plus de nous. Nous, c’est les gens qui espérons le changement, c’est aussi tous ceux que le sport tunisien, à travers ceux qui le dirigent, a écartés.

Cet espoir de changement peut attendre, mais jusqu’à quand d’autant que le potentiel de notre sport est très considérable ? C’est lamentable d’attendre tout ce temps sans voir de vraies étapes et actions de réforme d’un système désuet. On ne peut pas rêver de voir la loi des structures sportives quitter les bureaux d’un ministère des sports dépassé par les événements? On ne peut pas rêver que l’Etat instaure des outils de contrôle plus stricts pour mieux gouverner les clubs et les fédérations sportives. On n’a pas le droit de rêver d’un projet sportif qui développe ces métiers du sport et qui aide les diplômés du sport à mieux rentrer sur le marché avec leurs propres projets? Ce ne sont pas des choses irréalisables, mais quand on voit le décor actuel, on finit par perdre espoir. Notre sport est si désorienté : il n’ y a pas de politique de sport qui accompagne une stratégie claire et intelligente, et des dirigeants qui viennent pour servir le sport et le développer.

On ne trace pas un décor sombre, mais c’est la réalité. Les dépassements sont de plus en plus fréquents, et quand on parle de dépassements, on évoque tout : abus de pouvoir, corruption, copinage, transactions illicites, non-respect des procédures de contrôle et de transparence, et la liste est encore longue. Les difficultés financières que connaît notre sport n’expliquent en aucun cas ces dépassements. Ça peut ralentir le changement, ça peut même priver ce projet de ressources, mais quand on veut, on peut voir des prémices. Peut-être qu’on va rêver et rêver, alors que notre sport est déjà entre les mains des «vautours». Dans ce cas, ces rêves sont des chimères à moins que le destin en veuille autrement.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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