Diaboliquement habile dans le jeu court, il a toujours un temps d’avance dans la réflexion. Son football est décapant, sa prise de balle toujours aussi limpide et exceptionnelle.

Avec ses dribbles atypiques, sa conduite de balle magistrale, son assurance, le patron du milieu est l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération. Au CSS, dès la saison 2011, il s’impose et se voit remettre les clés du jeu sfaxien. En quelques rencontres, il a éclaboussé de son talent les pelouses qu’il a foulées. Natif de l’Ariana en 1992, Sassi a depuis marché sur les traces de Tarak Dhiab et autre Mohamed Hedi Bayari (purs produits de l’ASA). Avec les «Bianconeri », il brandit le titre de champion en 2013 et glane par la suite la coupe de la CAF. Grâce à lui en partie, le CSS écrira l’une des plus belles pages de son histoire avant que le FC Metz ne le repère en début d’année 2015 et ne décide de jeter son dévolu sur l’artiste clubiste sfaxien. A Metz, Ferjani Sassi peine à s’intégrer et à s’acclimater. Pourtant, il va vite retrouver à ses côtés un certain Fakhreddine Ben Youssef, étoile montante du CSS et du football tunisien.  Le FC Metz se montre implacable, impatient et cède finalement Sassi à l’EST, quelques mois seulement après l’avoir enrôlé. Ben Youssef, à son tour, suit le mouvement. L’aventure en France tourne court.

Dribbles élastiques…

Du côté du Parc B, Ferjani Sassi va vite marquer les esprits.

Le prodige tunisien impose sa patte et prend le manche comme on dit. Ses prestations spectaculaires sont un mixte de cette faculté à caresser le cuir, à servir le jeu et à mettre ses coéquipiers dans des situations favorables.

Avec l’Espérance Sportive de Tunis, Ferjani grossit l’armoire à trophée du doyen des clubs tunisiens. Doté d’une technique de dribble inimitable, celui qui maîtrise son art porte les espoirs de l’Espérance.

Du point de vue esthétique du jeu, l’on retiendra de l’homme ses dribbles élastiques et ses passes précises.

Bref, la parfaite panoplie du génial créateur. Il n’en fallait pas plus pour que les sirènes du Golfe ne retentissent et qu’Al Nassr Riyad d’Arabie Saoudite ne lorgne sur l’international tunisien. Cependant, par la suite, après une courte parenthèse en terre sacrée, c’est au Zamalek Sporting Club que Sassi deviendra une pointure.

Avec les Cairotes, il  rafle la Coupe d’Égypte, la Super-coupe de la CAF et la Super-coupe d’Égypte. Au mérite, il inscrit son nom au panthéon des joueurs émérites du Zamalek. Ferjani Sassi est plus qu’un stratège, c’est le meneur de jeu du Zamalek et le porte-drapeau d’une génération dorée.  Désormais, ce « guide axial »  fait partie de l’élite des relayeurs du football arabe.

Cependant, même s’il s’appuie sur un bagage technique exceptionnel, au service d’une grande vision du jeu, il n’a pas franchi le cap qui le mènerait  au nirvana,  vers un cador d’un championnat européen huppé. Ferjani en est pourtant digne.

Ferjani Sassi a aussi un côté humain respectable:  Humble, discret et même modeste comme on dit de lui.

Sur le terrain, par contre, il laisse libre cours à son talent avec cette monopolisation du ballon qui lui permet de mettre son corps de manière à ce que le défenseur n’a qu’une seule solution pour l’arrêter: la faute !  En Egypte, il a maîtrisé son temps. Reste à dicter le tempo de l’équipe de Tunisie dans la perspective des prochaines échéances.

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