Pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19, plusieurs forêts à Aïn Draham, Jendouba, Béja et Sejnane ont été la cible d’actes de vandalisme et d’abattage illégal. « C’est un vol caractérisé des biens publics, voire un crime prémédité commis à l’encontre de notre patrimoine naturel», accuse Samir Belhaj Salah, sous-directeur de la protection des forêts à la DGF.

Ces dernières années, nos forêts sont la proie de flammes incontrôlables qui ont fait des ravages  et des dégâts sur des milliers d’hectares, sans que les responsabilités soient délimitées. Il n’y a pas de fumée sans feu, dirait-on. Cet été, avant qu’il ne soit trop tard, la Direction générale des forêts (DGF) vient de donner le coup d’envoi d’une campagne de sensibilisation pour le contrôle des incendies au moyen d’avions légers. Cette opération s’inscrit, selon Mme Hela Guidara, sous-directrice de la chasse sauvage et des parcs nationaux à la DGF, dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre les incendies de forêt.

Un crime prémédité

Ce signal d’alerte a été ainsi lancé depuis le complexe agricole de Smenja à Zaghouan, d’où un avion léger est parti, tôt le matin, pour survoler, deux heures durant, de grandes superficies forestières du nord-ouest. Un potentiel naturel riche du zens et chênes-lièges dont la valeur écologique et industrielle est d’une importance capitale. D’autant plus que son rôle dans les équilibres écosystémiques n’est plus à démontrer, indique Samir Belhaj Salah, sous-directeur de la protection des forêts à la DGF. Certes, la protection de nos forêts doit s’inscrire dans la durée, comme étant un des défis climatiques à relever. Des études ont montré que le réchauffement planétaire pourrait être une des menaces qui pèsent sur l’enjeu forestier. Le déboisement d’origine humaine a toujours été la cause majeure de la déforestation. Bien qu’il soit relativement stable, notre couvert forestier, soit 8% de la superficie de la Tunisie, demeure encore menacé, prévient-il. Et d’ajouter que les atteintes considérables qu’on fait subir, chaque année, à nos forêts sont de nature à aggraver la crise écologique.

A noter que pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19, plusieurs forêts à Aïn Draham, Jendouba, Beja et Sejnane ont été la cible d’actes de vandalisme et d’abattage illicite. « C’est un vol caractérisé des biens publics, voire un crime prémédité commis à l’encontre de notre patrimoine naturel», accuse Belhaj Salah. Preuve en est, la récurrence inexpliquée des incendies qui n’étaient guère accidentelles. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si des incendies ravageurs se déclarent le même jour, au même endroit. Soit, par ailleurs, 5 incendies en moyenne par jour, estime-t-il, sans pour autant nier, quand même, leur aspect criminel. Toutefois, la lutte contre les incendies de forêts semble avoir manqué son coup. La stratégie que la DGF a prévu de mettre en œuvre nécessite des moyens humains et logistiques.

La protection de mise

Belhaj Salah a mis le doigt sur l’insuffisance en nombre des gardes forestiers dont plusieurs postes sont encore vacants. Sauf que cela exige un budget supplémentaire pour le recrutement et l’encadrement. Mais la sensibilisation à la protection de nos forêts s’avère toujours de mise. Somme toute, un hectare brûlé nous coûte entre 10 et 20 mille dinars environ. Ces pertes matérielles pourraient être récupérables, mais un hectare boisé peut prendre pas moins d’un demi-siècle pour se régénérer, a-t-il conclu. La plus value  environnementale est donc de taille, d’autant que la protection forestière fait partie intégrante de notre sécurité alimentaire. Ce faisant, peut-on encore compter  uniquement sur la sensibilisation ?    

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