Le Chef de l’Etat Kaïs Saïed a signé, hier, un décret présidentiel portant naturalisation de 135 personnes. Cela fait plus de 30 ans qu’aucun étranger résident sur notre sol n’a bénéficié de ce droit, sauf pour quelques favoris ou joueurs de football, juste pour leur permettre d’évoluer dans l’équipe nationale et défendre les couleurs de la patrie. Hier, le Président de la République a brisé la chape de plomb qui pèse, sans motif apparent, sur des personnes résidentes de façon légale et ayant choisi la Tunisie comme patrie d’adoption, d’y partager les mêmes droits que ceux qui y sont nés. Voilà que depuis hier, la Tunisie n’est plus pour eux un pays de résidence mais désormais elle est leur patrie. Ils sont fiers de devenir Tunisiens et le fait qu’ils nous rejoignent dans cette appartenance nous honore aussi.

En effet, avec cet acte, la Tunisie retrouve sa digne réputation de terre d’accueil. Ce geste nous renvoie au temps où notre pays était une terre de refuge pour les personnes fuyant les atrocités de la guerre. En effet, Russes, Serbes, Espagnols, Andalous, Siciliens, Maltais, Juifs livournais, Algériens et Libyens et bien d’autres nationalités ont mis le cap sur cette terre hospitalière et y ont été accueillis à bras ouverts. Aujourd’hui, en accueillant de nouvelles personnes en tant que citoyens à part entière, la Tunisie met en avant ses valeurs humanitaires et affirme ses principes simples et clairs : la solidarité, la responsabilité et l’intégration.

Ce décret signé par le Chef de l’Etat, qui a ému beaucoup de récipiendaires de la nationalité tunisienne, consacre non seulement les valeurs que porte le Président mais permet aussi à la Tunisie d’embrasser la diversité des origines, des cultures, une richesse de plus qui s’ajoute au substrat culturel tunisien.

Il vient aussi lever une injustice vécue dans l’ombre depuis des décennies. Car parmi les personnes qui ont volontairement formulé le vœu de devenir Tunisiens, on trouve des Palestiniens qui vivent parmi nous depuis les années 80. Ils sont venus après le siège de Beyrouth en 1982, et n’ont jamais voulu depuis quitter le pays. Ils y ont étudié, travaillé, fondé des familles et se déclarent tunisiens de cœur et d’âme. Ils n’ont jamais pensé à se détacher de cette patrie malgré les lenteurs et les tracas administratifs. Cela dit, en accordant la nationalité à 34 Palestiniens à la fois, qui est le plus grand nombre de personnes naturalisées d’une même origine, Kaïs Saïed traduit sa détermination à soutenir les Palestiniens sans porter atteinte au droit au retour des réfugiés palestiniens, puisque la loi tunisienne autorise la double nationalité. Les autres personnes qui ont bénéficié de ce privilège portaient la nationalité arabe et africaine et sont aussi résidents depuis de longues années.

De ce fait, la signature de ce décret, étape finale dans le processus d’acquisition de la nationalité tunisienne, met fin au clavaire administratif pour beaucoup d’entre eux et appose une marque de bienvenue dans notre nation. 

Hormis son principe humanitaire, cette naturalisation permet aux nouveaux détenteurs de la citoyenneté de jouer pleinement leur rôle dans la société, d’adhérer à des valeurs partagées par tous les Tunisiens. Ils deviennent tunisiens dans un moment particulier pour notre pays en butte à une crise politico-économique où certains s’interrogent à quoi cela sert d’être tunisien. Cette naturalisation vient à point nommé nous rappeler qu’il faut porter avec fierté cette nationalité qu’il n’est pas facile d’acquérir. Aujourd’hui, les nouveaux naturalisés concrétisent leur espoir d’être tunisiens. C’est un acte fondamental et surtout un acte qui invite les nouveaux Tunisiens à s’engager aux côtés de leurs concitoyens dans leur combat pour extirper le mal qui ronge ce pays et pour se mettre à son service pour le protéger et le servir.

C.B.N.

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