ON a beau épiloguer sur les conclusions à caractère administratif, parlementaire ou même judiciaire qui doivent couronner l’affaire de conflit d’intérêts dans laquelle serait impliqué Elyès Fakhfakh, Chef du gouvernement, on a beau attendre ce qu’Ennahdha va décider d’ici samedi et dimanche prochains, date de la prochaine réunion de son Conseil de la choura qui livrerait à l’opinion publique sa position définitive à propos du maintien des ministres du parti au sein du gouvernement actuel ou de leur retrait, annonçant ainsi qu’Ennahdha va quitter la coalition gouvernementale et opter pour «les autres solutions que lui offre la Constitution», comme ne cesse de le marteler Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la choura, on a beau attendre finalement que Kaïs Saïed, le président de la République, intervienne pour remettre les pendules à l’heure et imposer aux différents protagonistes le discours de la raison, du dialogue et de la concertation, les Tunisiens attendaient avec impatience que Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt, parle, enfin,  avec la franchise des syndicalistes qui vont directement, sans détour ni formules diplomatiques ni politiciennes, aux objectifs à réaliser.

Hier, le secrétaire général de la centrale syndicale ouvrière a annoncé qu’il est pratiquement impossible de trouver une solution consensuelle à l’imbroglio politico-financier dans lequel s’est enlisé le Chef du gouvernement Elyès Fakhfakh (peut-être de bonne foi en attendant que la justice tranche), cette solution derrière laquelle on court désespérément depuis l’éclatement de l’affaire ne pourrait satisfaire, quels que soient sa nature et son contenu, la classe politique au pouvoir ou dans l’opposition.

Profondément conscient de la complexité de l’affaire et de l’importance de l’instant historique par lequel passe le pays, le S.G. de l’Ugtt, l’organisation qui a déjà sauvé la Tunisie de sombrer dans l’inconnu à l’occasion du dialogue national qu’elle a conduit en 2013 en compagnie de l’Utica, de l’ordre des avocats et de la Ligue des droits de l’Homme, a choisi de responsabiliser la classe politique.

Son discours, il l’a synthétisé en une phrase simple, claire, accessible à tous : «A la lumière des tensions actuelles, nous n’irons pas loin. Il est donc préférable d’organiser des élections anticipées après un accord entre les différentes parties».

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