Comment et pourquoi les Tunisiens, plus particulièrement ceux ayant attrapé pour la vie le virus de la politique, se sont-ils trouvés, près de dix ans après la révolution de la liberté et de la dignité, en train de guetter, hebdomadairement, voire quotidiennement, ce que le parti islamiste Ennahdha va décider, ce que ses dirigeants parmi les plus médiatisés ou ceux qui parlent pour la première fois aux médias, en particulier les chaînes TV, pourraient dire à propos d’une affaire quelconque ou, enfin, attendre impatiemment que les dirigeants de ce même parti daignent expliciter le contenu des communiqués publiés  à l’issue des réunions de son bureau exécutif ou de son Conseil de la choura, notamment lors des moments de crise ou de tension par lesquels  passe le pays, comme c’est le cas actuellement à la faveur de l’affaire de conflit d’intérêts où de sérieuses présomptions de corruption  pèseraient sur Elyès Fakhfakh, Chef du gouvernement, en attendant que la justice rende son verdict final ?

Le questionnement ou la problématique sont désormais l’objet de discussions et de débats au sein des cercles politiques et entre les initiés s’activant au sein de la société civile d’autant plus que cette fois, il ne s’agit pas d’une position quelconque qu’Ennahdha exprimera, aujourd’hui, dimanche 12 juillet, à l’issue de la 41e session de son Conseil de la choura.

Il est question, en effet, d’un seul point à l’ordre du jour : le sort qui sera réservé au gouvernement Fakhfakh dans le sens que les membres du Conseil de la choura décideront si les ministres de leur parti resteront dans  l’équipe gouvernementale ou si ordre leur sera donné de s’y retirer en signe de retrait du soutien d’Ennahdha au gouvernement Fakhfakh depuis sa formation fin février dernier et son obtention de la confiance des députés.

Pour être plus précis, aujourd’hui, les Tunisiens seront édifiés sur l’avenir du gouvernement Fakhfakh à la faveur de la sentence ou du verdict que prononceront les membres du Conseil de la choura. Et demeure posée, avec grande insistance et profonde inquiétude, la question: que fait la classe politique post-révolution pour que le pays, tout entier, reste suspendu aux desiderata et aux caprices d’un parti qui détient, effectivement, les rênes du pouvoir bien qu’il ne soit pas majoritaire au Parlement ou que le Chef du gouvernement ne soit pas issu de ses rangs ?

Existe-t-il un dysfonctionnement quelconque dans le système politique mis en place depuis la révolution ou une faille certaine dans la loi électorale régissant les échéances électorales (législatives et présidentielle) post-révolution ayant produit les blocages actuels ?

Jusqu’à aujourd’hui, l’on se contente de poser toutes les questions possibles. Mais en attendant de passer à l’action pour leur trouver les solutions appropriées, la situation se complique de jour en jour et les Tunisiens perdent patience et voient leur confiance en l’avenir se réduire considérablement à un rythme de plus en plus soutenu.

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