Le commerce parallèle a la peau dure. Malgré les actions menées par les pouvoirs publics pour mettre un terme à ce genre d’activité, plusieurs personnes continuent à s’y adonner en écoulant des produits peu sûrs en termes de santé et de sécurité.


L’Etat a opté pour l’intégration du secteur informel dans le secteur formel, et ce, pour tirer profit des avantages que procurent ces importateurs illégaux et ces commerçants qui vendent leurs produits sans patente ni paiement d’aucune charge. Le commerce informel ou parallèle qui se trouve dans presque tous les pays du monde date d’une longue période. En Tunisie, plusieurs jeunes se sont convertis à cette activité, héritée de père en fils. Les objets importés illégalement transitent essentiellement par Ras-Jedir, la frontière tuniso-libyenne. C’est que plusieurs Tunisiens qui travaillent en Libye ont tissé des liens avec des commerçants de ce pays voisin et ont pu mener leur affaire florissante en vendant des produits divers à bon marché.

Ces produits proviennent essentiellement des pays asiatiques où les conditions de travail sont précaires. Des jeunes, voire des enfants, y sont recrutés pour effectuer des travaux pénibles sans bénéficier de leurs droits en termes de sécurité sociale, d’heures ou de journées de repos. Cette façon de procéder coûte moins cher à l’entreprise qui leur fournit juste l’alimentation. L’Organisation internationale du travail est, bien entendu, contre cette forme de travail destinée aux jeunes et aux enfants qui arrêtent leurs études.

La qualité laisse à désirer

Les produits écoulés sur le marché parallèle sont divers. Ils sont destinés essentiellement aux familles à revenu limité qui ne peuvent pas s’offrir des produits de bonne qualité vendus dans les magasins. Il va sans dire que ces produits sont de piètre qualité et peu recommandés car ils comportent parfois des défauts de fabrication. En outre, leur durée de vie est très courte. Toutes sortes de produits sont commercialisées dans ce circuit comme les ustensiles de cuisine, les lampes, les pièces de rechange et les composants électriques et électroniques.

Les produits sont vendus dans les marchés hebdomadaires qui se tiennent dans une place réservée par la municipalité comme à Ezzahra ou à Hammam-lif. Les citoyens y viennent nombreux pour dénicher un produit dont ils ont besoin.

A la rue Sidi Boumendil à Tunis, le commerce parallèle règne en maître. Cette rue est devenue, au fil des ans, le synonyme du commerce informel où tous les vendeurs se réunissent pour proposer des produits venus d’ailleurs dont certains sont contrefaits. C’est le cas, par exemple, des espadrilles de marque, qui sont imitées mais non égalées.

Une main-d’œuvre nombreuse

Le commerce parallèle fait travailler une main-d’œuvre nombreuse particulièrement des jeunes sans formation et peu instruits. Ils sont recrutés sur le tas pour leur apprendre le métier de commerçant. Le problème est que ces jeunes ne sont pas couverts par le régime de sécurité sociale et sont livrés aux aléas de la vie. Leur travail n’est ni stable ni garantit et ils peuvent à tout moment être virés par leur patron. Ces jeunes et leurs familles mènent une vie difficile et n’arrivent pas à satisfaire tous leurs besoins en termes d’alimentation, de loisirs et d’habillement.

La décision d’intégrer ce commerce informel dans le commerce légal est une bonne idée qui a été bien accueillie par certaines personnes. Pour que leur commerce soit reconnu par l’Etat, il doit répondre évidemment à certains critères et obtenir, en premier lieu, la patente leur permettant d’exercer leur activité en toute légalité. Il s’agit, ensuite, de payer les taxes dues comme toute autre société commerciale qui dispose de son enseigne et de son local. Les employés doivent bénéficier, quant à eux, de leur droit à la sécurité sociale pour leur permettre de se soigner en cas de maladie et d’avoir leur pension, une fois  à la retraite.

Par ailleurs, une telle organisation du commerce informel permettrait à l’Etat de bénéficier de nouvelles ressources financières grâce aux taxes imposées. De plus, le secteur commercial devient moins anarchique dans la mesure où tous les commerçants sont appelés à respecter les règles de la concurrence loyale et de la transparence. Le contrôle des circuits commerciaux reste, cependant, nécessaire pour rappeler à l’ordre les personnes qui veulent faire perdurer le commerce informel en utilisant tous les moyens pour détourner l’attention des agents chargés du contrôle.

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