Le groupe Telnet a renoué avec la croissance du chiffre d’affaires (+7,6% à 42,7 MDt) après une année 2018 difficile sur le plan commercial, selon Tunisie Valeurs qui a élaboré une étude concernant ce Groupe. Cette reprise a été observée au niveau de tous les pôles métiers du groupe. Celui-ci a tant bien que mal réussi à sauvegarder ses marges, malgré le contexte inflationniste.


La politique de maîtrise des frais généraux (une hausse contenue à 6% y compris la masse salariale) a valu au groupe Telnet de rattraper la dégradation de sa marge brute (-1,1 point de taux à 83,7%) au niveau de sa marge d’Ebitda (+0,6 point de taux à 19,7%).

Parallèlement, l’Ebitda a réalisé une progression louable de 11% à 8,4 MDt. Le revirement du contexte de change a été l’événement le plus marquant de l’année 2019. Le redressement du dinar a fait subir au Groupe d’importantes pertes nettes de change (de 2,1 MDt contre des gains nets de change de 4,1MDt, en moyenne sur la période 2017-2018). Ces pertes de change ont beau être des pertes « comptables ». Il n’en demeure pas moins qu’elles ont pénalisé la rentabilité.

Un matelas de trésorerie confortable

Telnet a bouclé l’exercice 2019 avec une chute de son résultat net part du groupe de 53,7% à 4,3 MDt (hors éléments exceptionnels). La situation financière du groupe est saine. Peu consommatrice de besoin de fonds de roulement (BFR). A noter qu’un BFR est équivalent à 35 jours de chiffre d’affaires fin 2019. L’activité d’exploitation de Telnet génère des cash flow récurrents. Par ailleurs, le groupe a accumulé un matelas de trésorerie confortable qui lui permet d’afficher un endettement négatif (un gearing de -39%) et de distribuer un dividende généreux (un payout moyen de 41% sur les trois dernières années).

S’agissant des perspectives d’avenir et des prévisions, il y a lieu de noter que le management de Telnet multiplie ses actions sur tous les fronts pour trouver de nouveaux relais de croissance pour le groupe. La feuille de route présentée durant l’assemblée générale ordinaire s’articule autour de deux axes de développement.

1) La consolidation du cœur de métier et des projets actuels avec les partenaires historiques en France comme Ingenico, Safran et Cetim France à travers le lancement d’une nouvelle activité de conception de bancs d’essais mécaniques,

2) Le développement de nouvelles activités à contenu technologique élevé. Ces activités sont prometteuses en termes de croissance et constituent d’importants gisements de valeur ajoutée. Néanmoins, elles sont encore à leur phase de démarrage et du prototypage. Ces projets devraient mettre du temps pour devenir de véritables centres de profit pour le Groupe. Il s’agit :

– Du projet des drones conclu avec le partenaire japonais Fuji imvac. L’expérience des drones connaît des débuts encourageants avec la fabrication du premier concept en 2020,

– Du projet des nano satellites. L’équipe de direction a annoncé que le lancement du premier nano-satellite de Telnet appelé «Challenge One» sera fait en novembre 2020. L’équipe de direction a également affirmé qu’un protocole d’accord tripartite a été signé entre Telnet Holding et les sociétés russes Sputnix et GK Launch Services, en 2019, pour la construction de composants de satellites et leur mise en orbite,

– Du projet de l’intelligence artificielle et du «cloud computing» qui sera piloté par la filiale américaine «Telnet Corporation INC» implantée à la Silicon Valley depuis 2019. 

Interrogé sur les répercussions financières de la crise du Covid-19, le management s’est voulu rassurant.

Accélération de la digitalisation

En mode « Télétravail » depuis la mise en place des mesures de confinement et en étant bien positionné sur les technologies numériques, Telnet est bien outillée pour résister à la crise du Covid-19 voire pour en profiter dans les prochaines années avec l’accélération de la digitalisation dans les services, notamment dans les domaines de la monétique et des télécoms. Tenant compte des projections de l’équipe de direction, Telnet devrait stabiliser son chiffre d’affaires à 43,5MDt, en 2020, et réaliser une croissance de son résultat net part du groupe de 10% à 4,8MDt.

Le premier semestre a «dérogé» à la croissance pour Telnet après une longue ascension boursière amorcée en 2016. La dégradation pressentie de la rentabilité et les anticipations de normalisation des dividendes après la distribution d’un dividende exceptionnel en 2019 ont pesé sur le titre. Les attentes des investisseurs ont finalement été confirmées par la révision à la baisse des dividendes, de 0,700Dt par action en 2018 à 0,200Dt par action au titre de 2019. La crise du Covid-19 va faire faire un grand bond en avant pour les technologies numériques favorisant le Télétravail, paiements digitaux, utilisation de logiciels. La vie quotidienne n’a jamais laissé autant de place pour le numérique qu’en ce début d’année. Le spécialiste de la recherche et développement en ingénierie produit (75% du chiffre d’affaires consolidé en 2019) dispose de tous les atouts nécessaires pour saisir les nouvelles opportunités de croissance dans un secteur en pleine effervescence: un capital humain hautement qualifié et compétitif du point de vue coût, un carnet de clientèle stable et de renommée internationale (Safran, Sagem, Cetim et Dassault) et des relations privilégiées avec les laboratoires de recherche en Tunisie et à l’étranger. La stratégie de montée en compétence technologique vers les satellites et les drones semble également intéressante car elle constitue un important gisement de valeur ajoutée pour le groupe. Ces activités connaissent des débuts encourageants mais elles devraient générer leurs fruits sur le long terme. 

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