Certains experts en économie ont estimé, récemment, que si la monnaie tunisienne a retrouvé un certain réconfort, c’est justement grâce à de nouveaux crédits obtenus récemment des bailleurs de fonds internationaux. Or, les devises devraient provenir essentiellement des ressources propres de la Tunisie et des secteurs économiques comme le tourisme, les exportations et les investissements.

Les devises devraient provenir essentiellement des ressources propres à la Tunisie et des secteurs économiques comme le tourisme, les exportations et les investissements. Coronavirus oblige, le secteur du tourisme a été frappé de plein fouet suite à la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes. Les hôteliers souffrent encore des séquelles de ces mesures nécessaires pour éviter la propagation du virus à large échelle.

Le cours moyen des devises cotées en dinar tunisien sur le marché de change interbancaire  durant la journée du 5 août 2020 montre que le dinar tunisien s’est échangé à 2,7349 dollars américains et 3,2393 euros. Le dinar tunisien a retrouvé ses forces au cours de ces derniers mois dans la mesure où le taux de change avec l’euro et le dollar a été réduit, ce qui constitue un avantage notamment pour les exportateurs ,qui sont soucieux de vendre leurs produits à un prix raisonnable et d’obtenir une entrée de devises appréciable. Pour les importateurs, cette consolidation de la monnaie nationale a également des impacts positifs et réduit un tant soit peu les dépenses faramineuses.

A noter que la Tunisie rembourse ses crédits déjà contractés en devises et notamment le dollar et l’euro. Une partie des devises est allouée à l’importation des matières premières – comme les céréales – ,les produits semi-finis et les équipements destinés à l’industrie. Une somme conséquente est également consacrée à l’importation des médicaments et des revues  ainsi que des produits divers. L’Etat a un besoin urgent en devises pour payer ces différentes importations ,tout en remboursant les crédits.

Compter sur nos propres ressources

Mais pour revigorer notre monnaie, il est préférable et souhaitable de compter sur nos propres ressources au lieu de booster le dinar tunisien par les crédits contactés. En effet, certains experts en économie ont estimé, récemment, que si la monnaie tunisienne a retrouvé un certain réconfort, c’est justement grâce à de nouveaux crédits obtenus récemment des bailleurs de fonds internationaux. Or, les devises devraient provenir essentiellement des ressources propres de la Tunisie et des secteurs économiques comme le tourisme, les exportations et les investissements. Coronavirus oblige, le secteur du tourisme a été frappé de plein fouet suite à la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes. Les hôteliers souffrent encore des séquelles de ces mesures nécessaires pour éviter la propagation du virus à large échelle.

Le secteur du tourisme est une source importante de devises pour notre pays. Malheureusement, la haute saison n’a pas été au niveau des espoirs des professionnels et même les Maghrébins n’ont pas répondu massivement à l’appel. Cette conjoncture économique a eu des impacts négatifs sur les unités hôtelières dont certaines ont été contraintes de fermer en attendant l’amélioration de la situation. Le secteur touristique, qui fait travailler de façon directe et indirecte des milliers des Tunisiens, s’est retrouvé dans une crise aiguë qui risque de perdurer.

Le secteur a également des effets d’entraînement sur d’autres secteurs et activités comme les restaurants touristiques, l’artisanat et même l’agriculture. Il suffit que le tourisme passe par une situation difficile pour que les autres secteurs entrent dans une crise grave. D’où la nécessité de trouver en urgence des solutions radicales à un secteur qui ne souffre pas uniquement des problèmes conjoncturels dus au Covid-19 mais aussi de lacunes structurelles.

Diversifier les exportations

L’autre secteur qui est une source intarissable de devises est incontestablement celui des exportations. Une bonne campagne d’huile d’olive permet aux exportateurs tunisiens de faire des affaires juteuses en vendant de grandes quantités aux différents pays du monde ,en Europe et même en Asie et en Amérique. L’huile d’olive est restée, des années durant, le produit phare des exportations tunisiennes qui ne sont pas assez diversifiées. Les dattes et les agrumes constituent aussi des produits bien vendus sur les marchés extérieurs. Toutefois, la balance commerciale reste largement déficitaire dans la mesure où les importations dépassent de loin les exportations. Le taux de couverture reste assez faible.

Plusieurs pays avec lesquels nous avons signé des conventions de libre-échange ont réussi à écouler leurs produits en Tunisie alors que nos exportateurs n’ont pas pu exploiter de façon rationnelle les avantages de ces conventions pour exporter plus. C’est le cas, à titre d’exemple, de la Turquie et de la Chine qui ont une couverture de la balance commerciale en leur faveur. D’où la nécessité de diversifier davantage les produits destinés aux exportations et d’accroître leur valeur ajoutée dans le but de séduire les consommateurs des différents pays et de les inciter à acheter. Ce n’est que de cette façon que le dinar pourra retrouver de la vigueur d’une façon durable.

Les financements extérieurs, notamment ceux qui proviennent des crédits ,peuvent consolider pour un temps la monnaie nationale, mais cette consolidation ne sera durable ni profitable aux entreprises. Le meilleur moyen de booster le dinar tunisien est de compter sur les secteurs économiques comme le tourisme, les exportations et les investissements directs étrangers. Il est temps de relancer les opérations de marketing pour faire connaître le site tunisien dans tous les pays du monde en tant que hub d’investissement technologique. Encore faut-il que les tiraillements politiques et les débats stériles des politiciens prennent fin pour se remettre rapidement au travail et penser à l’avenir de la Tunisie qui a besoin aussi d’une paix sociale durable. Toutes les forces vives de la nation doivent mettre la main dans la main, dans le cadre d’une vision stratégique et prospective, pour faire sortir le pays de la crise dans laquelle il fait face depuis des années.

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