Hier, Hichem Mechichi, Chef de gouvernement désigné, a tranché en mettant fin à tous les pronostics, à toutes «les pressions douces», à tous «les conseils d’amis» et à toutes les attentes.

Il n’y est pas allé par quatre chemins pour dire, à l’adresse de ceux qui attendaient sa réponse, plus particulièrement à la déclaration de Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la choura, appelant à un gouvernement d’union nationale : «Mon gouvernement sera un gouvernement de compétences totalement indépendantes de tous les partis politiques. Un gouvernement de réalisations ou d’accomplissement (injaz en langue arabe) économique et social formé de compétences qui allient l’efficience à l’intégrité et à la disponibilité».

Donc, maintenant les choses sont claires : la future équipe ministérielle que Mechichi formera dans les jours à venir et soumettra aux députés pour obtenir leur confiance ne comprendra aucun ministre appartenant à un parti politique représenté au sein du Parlement comme Ennahdha, Qalb Tounès, Achaab, Attayar ou Tahya Tounès et aussi aucune personnalité appartenant à un parti politique ne disposant pas de députés au palais du Bardo.

Finalement, à saisir les cinq ou six phrases ficelées par Mechichi lors de son bref point de presse, les dés sont désormais jetés et les décisions sont prises. Il ne reste que le choix des compétences indépendantes (et le futur locataire du palais de La Kasbah insiste sur le fait qu’elles seront totalement indépendantes de tous les partis politiques) qui seront chargées de la concrétisation du programme bref et concis déjà concocté et qui s’articule autour des axes suivants :

– L’arrêt de l’hémorragie des finances publiques

– La sauvegarde des entreprises publiques

– L’encadrement des catégories fragiles

– La préservation du pouvoir d’achat du citoyen

– La consécration de la primauté de la loi.

Et tout en précisant qu’il est parvenu à la conviction selon laquelle il est impossible de former un gouvernement composé de toutes les parties politiques et pouvant être stable et homogène, Mechichi promet que les concertations se poursuivront avec les partis politiques et traiteront des priorités économiques.

Que faut-il retenir de la décision de Mechichi de tourner le dos à tous les partis politiques quels que soient leur poids politique ou le nombre des députés dont ils peuvent se prévaloir au Parlement ?

Peut-on comprendre que Mechichi a fait ses choix en comptant sur le soutien que lui auraient assuré Noureddine Taboubi et Samir Majoul, les deux patrons de l’Ugtt et de l’Utica, qu’ils a rencontrés, hier matin, bien avant les journalistes vers 18h00, sans oublier, peut-être, le feu vert que lui aurait signalé le président Kaïs Saïed, hier matin également, à l’occasion de l’entretien qu’il lui a accordé en vue de s’enquérir de l’avancement des négociations sur la formation du gouvernement.

Enfin, certains observateurs n’hésitent pas à qualifier la décision de Mechichi de former «un gouvernement de compétences indépendantes et bien totalement indépendantes de tous les partis politiques» d’un démenti ou d’un recadrage de la campagne de promotion que les nahdhaouis ont organisée à propos de la rencontre non annoncée entre Mechichi et Ghannouchi et qui aurait vu, selon les déclarations des sources nahdhaouies, le Chef de gouvernement désigné «adopter une position plus souple quant aux conseils d’Ennahdha dans le sens de l’apaisement de la tension qui règne dans le pays».

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