Peut-on faire de la politique sans les partis politiques ? Autrement dit, Hichem Mechichi, le Chef de gouvernement désigné, a-t-il les moyens et la possibilité de former une équipe ministérielle sans qu’aucune personnalité appartenant à un parti politique quelconque (représenté ou non au Parlement) n’y figure, tout en s’assurant le soutien et l’aval de ces mêmes formations politiques quant aux choix économiques et sociaux qu’il envisage de mettre en œuvre au cas, bien sûr, où il obtiendrait la confiance des députés qui devraient avaliser la composition du prochain gouvernement qui ne comprendrait aucun ministre représentant son parti ou sa coalition et adopter la feuille de route ou le programme des quatre prochaines années que ce même gouvernement devrait leur soumettre ?

Certes, la problématique se pose ainsi, pour la première fois, au sein du paysage politique national où les formations politiques post-révolution ne se sont, jamais, trouvées auparavant confrontées à une telle situation : un chef de gouvernement désigné ne disposant d’aucun parti le soutenant ou avalisant ses propositions-programme sauf le président de la République qui l’a désigné conformément à l’article 89 de la Constitution, sans lui conférer une quelconque légitimité et qui (Mechichi) se permet de siffler la fin de la récréation et de signaler aux partis politiques que le train est arrivé au terminus, qu’ils doivent le quitter, mais qu’ils ont l’obligation de poursuivre les concertations dans l’objectif d’apporter leur aval au programme d’action du même gouvernement.

Hier et comme prévu, plusieurs partis, dont ceux qui ont rencontré Mechichi de nouveau, ont donné l’impression ou ont cherché à faire comprendre principalement à leurs bases que les dés ne sont pas jetés définitivement et qu’ils peuvent faire encore changer les choses ou du moins amener le Chef de gouvernement désigné à revenir sur ses décisions dans le sens de l’assouplissement de ses positions et dans l’objectif d’éviter que les portes du dialogue ne soient closes définitivement.

Et certains parmi ces partis qui se prévalaient jusqu’à une époque très récente du statut de première force politique du pays pouvant mobiliser une majorité parlementaire très confortable n’ont pas hésité à appeler à un dialogue national qui pourrait «apaiser les tensions et trouver les solutions à des crises dont personne ne peut mesurer les retombées».

On attend maintenant la clôture du nouveau ballet de rencontres au palais Edhiafa afin d’être édifié sur les développements que connaîtra le paysage politique national d’ici la date tant attendue du vote de confiance des députés au futur gouvernement.

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