A 20 ans, Abbès Boukhobza a commencé à mettre les pieds dans le monde des couleurs grâce à son maître artiste Abderrazak Sehli.  En 2011, il marque sa présence au «Salon des artistes indépendants» au Grand Palais à Paris. Plus tard, une nouvelle expérience commença en 2013 après son déménagement à Paris, il travaille donc avec le maître François Rouan dans son atelier à Chantilly, expose à la Galerie Mona-Lisa et au Salon du Livre de Paris. Mais depuis 2015, il travaille pour la prestigieuse Fondation Opej, baron Edmond de Rothschild. Aujourd’hui l’artiste–peintre est en train de peindre des fresques murales sur presque toutes les écoles de Djerba. Entretien.

Comment vous est venue l’idée de peindre des fresques sur toutes les écoles de Djerba ?

Après mon exposition «Houch et Bibene, d’une porte à l’autre» qui illustre la vie traditionnelle entre des musulmans et des juifs de Djerba, mes 17 tableaux ont fait le voyage de Tunis jusqu’au Palais des Nations unies et je me suis retrouvé sous la coupole de l’ONU où j’ai été invité à peindre une œuvre en direct . J’ai réalisé alors un «live painting» autour du thème de la confiance. C’était en 2019 et c’est là que cette idée a commencé à germer dans ma tête. L’idée était au début comme un acte de reconnaissance envers mon école à Djerba, ainsi qu’à tout le cadre enseignant. C’était ma première fresque qui m’a conduit à peindre d’autres à travers toutes les écoles de Djerba. Ensuite une artiste française Annie Levy m’a proposé de réaliser ce projet entre Djerba et Marseille, et de peindre des fresques sur une centaine d’écoles entre les deux villes de la Méditerranée avec la thématique du Mare Nostrum au centre des œuvres. Je précise que ces œuvres sont réalisées avec les moyens du bord et, pour certaines écoles, il y a des parents d’élèves qui, afin de me soutenir dans ce travail bénévole, ont eux-mêmes acheté le matériel pour peindre les fresques. Puis, nous avons eu également du soutien grâce à la Fondation Djerba 3D avec à sa tête Mohamed Ben Jemaâ et l’école «nouvelle génération». L’ancien ministre Hakim Ben Hammouda nous a aussi soutenus. Aujourd’hui, l’idée a évolué et nous sommes en train de réfléchir à la publication d’un ouvrage.

Quel sera le contenu de cet ouvrage ?

Il s’agit d’un ouvrage qui va rassembler toutes ces œuvres réalisées aussi bien à Marseille qu’à Djerba, et qui sera agrémenté avec des textes d’universitaires, comme Fawzia Charfi, Mohamed Karrou entre autres noms qui sont en train de confirmer leur participation à cet ouvrage.

Comment se fait la conception de ces fresques ? Avez-vous un modèle à suivre ?

Je n’ai pas un modèle préétabli à suivre, mais je travaille avec des thématiques qui tournent autour de l’esprit et des couleurs méditerranéennes en insérant des symboles incontournables de l’identité et de la culture djerbiennes. Bien entendu, j’applique un traitement très moderne à ces éléments de culture au-delà du côté ludique et enfantin qui caractérise ces fresques.

Quelle était la réaction des directeurs des écoles ?

Une bonne réaction en général, mais il y a aussi d’autres directeurs des écoles qui ont refusé que des fresques soient peintes dans leurs écoles. Il y a beaucoup de hauts responsables qui n’ont pas réagi.

Comment êtes-vous venu dans le monde de la peinture ?

Mon père habitait à Sidi Bou Saïd où il tenait un commerce très fréquenté par les artistes peintres et les poètes. C’est là que j’ai rencontré Abderrazak Sehli qui m’a beaucoup influencé, ensuite je suis monté à Paris dans le cadre du programme français «Compétences et talents» et j’avais pour encadreur François Rouan. Mais je reste toujours influencé par Abderrazak Sehli.

Où en êtes-vous aujourd’hui dans ce projet des fresques ?

Aujourd’hui, nous sommes à quelque 17 écoles sur une cinquantaine prévue, y compris les écoles pour les enfants à besoins spécifiques. Nous en avons encore pour six mois avant de mener à bout ce projet.

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