Dans la lignée des mini-séries puissantes qui racontent le monde et son actualité houleuse, «Stateless», récemment mise en ligne, tacle la politique migratoire de l’Australie, pays développé, en s’inspirant de déroutants faits réels, vécus 20 ans plus tôt.

Quatre parcours distingués et singuliers sont relatés tout au long des six épisodes de cette mini-série co-créée par un pilier du cinéma hollywoodien, Cate Blanchett, qui se lance dans la scénarisation et la production des mini-séries. C’est l’histoire de quatre étrangers qui se retrouvent coincés dans un centre de détention pour immigrés voulant atteindre l’Australie. Chaque personnage aborde les contradictions de la protection et du contrôle des frontières de son point de vue avec des rétrospections sur le vécu dur de chacun et des conditions qui les ont menés à cet enfermement pesant, à durée indéterminée. Commence alors un bras de fer avec les services d’immigration et le corps sécuritaire présent sur place, sans oublier l’esquive permanente effectuée pour contourner les médias.

L’un des parcours les plus marquants racontés dans la série est sans doute celui de Cornelia Rau, une Australienne sujette à des troubles mentaux et qui a malencontreusement été jetée au camp Barton. Les manquements et les graves failles de cette politique ont commencé à surgir et les réformes proposées commencent à prendre forme. Une prise de conscience générale commence à se faire tout doucement face à la prolifération des cas critiques et à une révision sans cesse questionnée. Un réfugié afghan, Ameer, tente de rejoindre l’Australie avec ses deux filles et sa femme. Il perd la moitié de sa famille en cours de route et se retrouve également prisonnier au sein du même camp. Cameron fait partie du corps sécuritaire du camp, et accepte cette offre d’emploi à son insu, sans oublier Clare, qui tente de faire régner l’ordre sur place. Une mission qui s’est avérée bien rude à mener.

La mini-série porte un regard critique juste et sincère sur la politique migratoire de l’Australie, tout en présentant le récit douloureux de nombreux migrants bafoués. Barton, le centre de détention, est oppressant, étouffant, et broye l’existence des détenus. Entre passé et présent, Sofie est bouleversée par les séquelles d’une ancienne épreuve difficile qui l’a poussée à fuir et qui influence son présent. Lutte contre un système oppressif et injuste, sacrifices à effectuer pour nourrir les siens, sombre expérience avec des gourous… Ames sensibles s’abstenir, «Stateless» joue sur les émotions, tirée du début à la fin par une équipe de scénaristes.

Cette production Netflix peut se vanter d’avoir un casting 5 étoiles avec des talents bien connus des sériephiles, notamment Yvonne Strahovski, déjà vue dans «The Handmaid’s Tale», l’un de ses meilleurs rôles, Dominic West, Fayssal Bazzi, Asher Keddie, mais aussi Jai Courtney. La co-créatrice de la série, Cate Blanchett, y tient un rôle froid et troublant. Elle a aussi simultanément joué et produit «Mrs. America», une 2e mini-série réaliste qui traite de la montée du féminisme dans les Etats-Unis des années 60. Nous y reviendrons.

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