Placé sous le signe coutumier de l’éclectisme, le Festival de la médina de Sfax fait la part belle aux soirées tunisiennes.
La 23e session du Festival de la médina qui s’invite à Sfax, du 10 au 29 du mois saint, est riche en promesses festives pour les amateurs de convivialité extra-muros, d’ambiances communicatives et de joies collectives,  et c’est tant pis pour les casaniers et autres pantouflards, adeptes des veillées dans l’intimité familiale. Pour ces veilleurs férus de contact, d’échange et de communication, la session offre une gamme de choix bien fournie, quoique dominée par la musique à tonalité plutôt spirituelle et mystique,  séyant parfaitement à la nature du mois du jeûne.

C’est ainsi, et dans le cadre de cette particularité, que le programme de la session, placé sous le signe coutumier de l’éclectisme, fait la part belle aux soirées tunisiennes, dont plusieurs aux couleurs locales,  et deux veillées arabes animées par Héni Chaker et la troupe syrienne «El Koudoud El Halabya», tout en consacrant une soirée à un spectacle bulgare.

C’est là la vision globale qui se dégage de la conférence de presse donnée par la direction de la manifestation dont le menu comprend une entrée en matière spectaculaire et fort alléchante, qui a eu lieu hier 10 mai, tant il est vrai que la présence, à l’ouverture, de la vedette égyptienne Héni Chaker et de l’enfant de la région, Jamel Chebbi, est susceptible de doter  le festival d’un certain retentissement et d’une certaine envergure auprès du public des mélomanes.

Pour ce qui est de la soirée de clôture, le choix  du spectacle «Mizej» (humeur ) du chanteur Helal Ben Amor est significative de la confiance  placée en cet artiste par le comité d’organisation du festival qui mise sur ce nom pour un couronnement heureux du festival.

Quoique ces deux rendez-vous soient saillants,  le reste du menu est loin d’être du remplissage. Des artistes de grande envergure évolueront principalement sur la scène du complexe culturel Mohamed Jamoussi, à l’instar  de Zied Gharsa, Noureddine Béji, Mohamed Jébali, et Meherzia Taouil.

Comme il s’agit de soirées ramadanesques, la musique spirituelle et les chants liturgiques constituent forcément l’apanage de la quasi-totalité des spectacles parmi lesquels figurent «Lajl Ennabi» (à la Gloire du Prophète), œuvre de la Troupe Zerieb de musique, sous la conduite du maestro Mohamed Khemakhem, le spectacle «El Aktab» (les Grands), qui sera présenté par la troupe Zouar El Hadhra, dirigée par l’artiste Morched Boulila, la soirée du chant sacré, animée par la troupe Ghosn Zeitoun, la production «El Mazar2», œuvre du musicien Riadh Chebbi, ainsi que le spectacle «Ramadhaniet», qui réunira un groupe d’artistes tunisiens.

Côté participation étrangère, il y a lieu de mentionner la troupe syrienne « El Koudoud El Halabya », en plus d’une troupe bulgare.

Sacrifiant à la tradition ancrée depuis longtemps, le Festival de la médina poursuit son ouverture sur l’Institut supérieur de musique à Sfax, représenté par la troupe de Jazz, ainsi que sur les établissements du secondaire dont la participation se déclinera sous forme de spectacles divers présentés par des élèves des lycées relevant des deux commissariats régionaux Sfax I et Sfax II.

La 23e édition du festival consacre également une partie de sa programmation au répertoire musical national et plus particulièrement au «Malouf», à apprécier par les amateurs les 19 et 21 mai, lors des spectacles donnés par la Troupe Nadi El Acil dont la naissance remonte à 1982. El Acil présentera deux spectacles intitulés «Dourar wa aoutar» (perles et cordes) et «Sahrat Ness El Bled El Arbi» (veillée des habitants de la ville arabe).

Toujours volet musical, le festival a programmé une manifestation pour enfants. C’est ainsi que cent choristes se produiront le 15 mai lors d’un spectacle intitulé «Ezziara», (La visite), dirigé par le professeur Achraf Belhcen.

D’autre part, sacrifiant à l’impératif d’éclectisme pour toucher le maximum possible de spectateurs, le comité directeur du festival a prévu six représentations théâtrales, soit «Marhala», mise en scène de Amir Bellasouad, «Migalo show», «Houriat El Bhar», œuvre de Amir Layouni, «Kanoun Omar», de Soufiène Dahech, «La Hakka», de Nidhal Sâadi, et «Rass Ou Rouiass», réunissant le duo Faïçal Lahdhiri et Rania.

Enfin, la programmation du Festival de la médina à Sfax a consacré deux soirées, autrement plus consistantes intellectuellement parlant, à deux ouvrages du docteur Dalila Chakroun «Le sertissage dans le roman arabe» et du professeur Ridha Kallel «Sfax…la ville blanche»

 

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