La Commission économique pour l’Afrique (CEA), conjointement avec International Economics Consulting Ltd, vient de publier le rapport de la deuxième enquête globale sur la pandémie de Covid-19 et ses effets économiques en Afrique. L’enquête a été menée du 16 juin au 20 juillet pour donner un aperçu sur les effets de la pandémie sur l’activité économique des entreprises à travers l’Afrique, en identifiant les défis auxquels elles sont confrontées ainsi que leurs actions pour y remédier.

Dans l’enquête menée au mois d’avril 2020, la fermeture des entreprises a été considérée comme le problème crucial qu’il faut résoudre. Trois mois plus tard (en juillet 2020), les entreprises perçoivent la réduction des opportunités de rencontrer de nouveaux clients comme le premier défi à relever. Bien que cela puisse être considéré comme un changement plutôt positif (attestant que certaines entreprises ont repris leurs activités), la baisse de la demande et le manque de liquidités restent des défis importants. Les résultats de la dernière enquête, publiée au cours du mois d’août 2020, font ressortir une baisse de la demande de produits/services, un  manque de liquidités opérationnelles, la réduction de nouveaux clients…

Mêmes défis…

Les principaux défis, auxquels les entreprises du continent africain sont confrontés, sont les mêmes et selon le type d’activité. En effet, la baisse de la demande revient comme un défi majeur pour plus de 68% des entreprises interrogées dont l’activité principale est la production de biens, alors que le défi le plus fréquemment mentionné par les entreprises de services est la réduction des opportunités de rencontrer de nouveaux clients.

«Les entreprises ont été confrontées à de graves perturbations de l’offre et de la demande à cause de la pandémie du Covid-19. Il est à noter que les prix ont été une préoccupation majeure pendant la pandémie aussi bien au niveau de l’offre que de la demande où les entreprises ont souffert de leur hausse vertigineuse».

Distorsions des marchés

Par ailleurs, l’enquête montre que les entreprises ont été confrontées à une pénurie d’approvisionnement et à des distorsions de marché. En conséquence, «ces entreprises ont changé de fournisseurs, privilégiant d’abord les nationaux, puis les fournisseurs africains avant les non africains». A ceci s’ajoutent, la fermeture des frontières, le retard d’expédition et coût élevé du fret. La majorité des entreprises enquêtées (64 %) ont ressenti des distorsions de marché. Ainsi, «la fixation des prix entre concurrents en est la plus récurrent. L’allocation des marchés pour la vente de produits et les contrats exclusifs proposés aux concurrents apparaissent ensuite comme des distorsions importantes pour les entreprises opérant respectivement dans le secteur des biens et des services».

Soutiens et besoins financiers

Concernant l’aide apportée par les gouvernements, la perception des entreprises est jusqu’à présent mitigée, selon la même source. En effet, près des 2/3 des entreprises se répartissant entre la satisfaction modérée et la-non satisfaction.   

50 % des chefs d’entreprise interrogés ont effectivement contacté des institutions financières pour demander leur soutien, 25 % seulement ont obtenu des réponses positives jusqu’à présent et 42% n’étaient pas satisfaits.

D’un autre côté, le rapport indique que pendant la période de confinement, de nombreuses entreprises ont réussi à maintenir leurs activités et leurs revenus, limiter les licenciements, et opter pour le travail  à distance. Les résultats de l’enquête ont montré que  les micros, petites et moyennes entreprises (MPMEs)  sont les plus touchées avec une baisse de 21 % de leur chiffre d’affaires, contre 17 % pour les grandes entreprises.

Perspectives

Si les perspectives perçues pour les six prochains mois sont relativement négatives, elles sont plus positives après un an. Les micros et grandes entreprises interrogées prévoyant même une croissance.

«L’un des points positifs à retenir, c’est que près des 2/3 des entreprises ont identifié de nouvelles opportunités en réaction à la crise, avec des parts nettement plus élevées pour les entreprises principalement actives dans les biens et les MPMEs».

L’enquête montre que près de la moitié (47 %) des entreprises développent ou prévoient de développer des solutions innovantes par le biais de collaborations ou de partenariats. Les partenariats pour l’innovation seraient davantage favorisés par les MPMEs (50%) — ayant moins de capacité à innover par elles-mêmes — que pour les grandes entreprises (40 %).

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