La formation professionnelle a toujours été un point faible, dans la mesure où elle ne répondait pas aux besoins des entreprises qui ont modernisé leurs outils de travail et sont entrées de plain-pied dans l’économie intelligente. D’où le choix des pouvoirs publics de mettre à jour le contenu de la formation, et ce, pour relever les défis qui se présentent.

La réforme du dispositif national de la formation professionnelle s’inscrit dans un contexte particulier. Il s’agit de construire une nouvelle société qui stimule l’apprentissage, l’adaptation, l’ouverture et la participation, à travers le travail, la concertation, l’appropriation, la responsabilisation et la reconnaissance mutuelle.

A cela s’ajoutent des problématiques structurelles, dont les plus importantes sont un chômage des jeunes qui touche principalement les diplômés de l’enseignement supérieur et  un taux élevé de décrochage scolaire à un âge précoce. Cela nécessite de repenser les politiques de développement des ressources humaines, en général, et d’adopter une nouvelle vision de la formation professionnelle, en particulier, permettant la mise à disposition du secteur productif des qualifications intermédiaires, de participer par là même à rééquilibrer la pyramide des qualifications dans le pays, de promouvoir la formation continue et de lutter contre le chômage qui constitue la préoccupation majeure des jeunes.

L’industrie intelligente offre des opportunités

Outre les défis internes, des défis externes que le dispositif national de la formation professionnelle est appelé à relever. En effet, le processus de formation est confronté aujourd’hui à plusieurs challenges générés par la compétitivité internationale, les évolutions technologiques rapides, les mutations des organisations du travail, additionnés aux crises économiques qui s’avèrent plus complexes et moins prévisibles. L’industrie intelligente, à titre d’exemple, exige de nouvelles compétences qui ne sont pas encore disponibles en nombre suffisant. La Tunisie souhaite développer le tissu industriel par des secteurs à haute valeur ajoutée, comme ceux des composants automobiles et aéronautiques.

Malgré les acquis réalisés au cours des dernières réformes, le dispositif national de la formation professionnelle enregistre encore des défaillances et des imperfections, l’empêchant de jouer pleinement son rôle, et d’atteindre les niveaux d’efficacité et d’efficience escomptés. Ces challenges et ces lacunes imposent une réforme structurelle du dispositif national de la formation professionnelle.

Suivre les évolutions technologiques

Cette réforme doit s’inscrire dans le cadre d’une vision globale qui prend en considération les choix économiques et sociaux, et qui promeut la formation professionnelle à des niveaux élevés de qualité et d’efficience dans la préparation d’un «capital humain» capable de suivre les évolutions technologiques et organisationnelles, et de contribuer à l’amélioration de la rentabilité des entreprises et à l’attraction des investissements nationaux et internationaux, et garantissant la promotion des individus et de la société.

Certains secteurs ne sont plus, de nos jours, viables, vu la récession de la demande. Ainsi, des activités relevant du secteur de l’artisanat, à titre d’exemple, sont boudées par les jeunes qui ne veulent plus les exercer. Plusieurs jeunes optent plutôt pour les métiers liés aux technologies de l’information et de la communication. D’où la nécessité de modeler  le dispositif de formation professionnelle, en impliquant les premiers concernés, à savoir les chefs d’entreprise, pour formuler leurs observations et faire des propositions à prendre en considération. Ainsi, la formation devrait répondre, à la faveur de cette réforme, aux besoins réels de l’économie et des entreprises, tout en réduisant, un tant soit peu, le taux de chômage constaté après la formation professionnelle.

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