La crise du Covid-19, l’instabilité politique et la baisse de la croissance ont  eu un impact négatif sur l’économie nationale. Situation vulnérable confirmée par la Banque mondiale qui indique que la Tunisie affiche un double déficit et une dette élevée, une inflation relativement élevée.

L’Institut arabe des chefs d’entreprises a lancé une enquête pour évaluer la situation économique perçue par les chefs d’entreprise et l’impact de l’instabilité politique sur leurs activités. Elle s’est penchée également sur l’évaluation de la gestion du précédent gouvernement, à la lumière de la situation politique actuelle.

Menée auprès de 500 entreprises, l’enquête avait comme objectifs principaux d’évaluer la situation économique actuelle, mesurer l’impact de la stabilité politique sur leurs activités, communiquer et engager les transformations nécessaires pour consolider la situation économique actuelle.

Situation économique mauvaise

Sur le plan économique, 90% des chefs d’entreprise estiment que la situation économique actuelle est mauvaise, alors que  64% d’entre eux  affirment que l’instabilité politique a impacté leurs activités.

Par ailleurs, l’Iace a demandé aux chefs d’entreprise d’exprimer leur satisfaction concernant les mesures annoncées dans le plan de relance économique élaboré par l’ancien gouvernement et d’évaluer ses priorités définies sur le plan économique et social. Ce plan s’articule autour de plusieurs axes : la préservation du tissu économique et les PME (2,08%), la relance des secteurs les plus touchés par la pandémie du Covid-19 (5,4%), la digitalisation de l’administration (5,4%), la lutte contre l’emploi précaire et la corruption (5,4%), la réduction de la bureaucratie, la reprise de l’activité au sein du bassin minier (8,1%)…

Actions urgentes

Pour ce qui est des actions urgentes à entreprendre par le nouveau gouvernement, les chefs d’entreprise estiment qu’il est fondamental de développer un programme d’appui technique et financier aux très petites et moyennes entreprises (TPME), améliorer l’accès à l’information statistique économique et sociale et de la fonction prospective. Le nouveau gouvernement est appelé à accélérer la restructuration des entreprises publiques, réduire le déficit commercial, créer un environnement favorable, faire face à la fraude fiscale et réviser le code de change.   

Sur le plan sectoriel, les chefs d’entreprise insistent sur la rationalisation du déploiement territorial, le développement industriel et l’exploitation du foncier économique (zone industrielle). Il s’agit, également, de promouvoir divers secteurs dont l’agriculture, le textile, le tourisme, la santé, l’industrie, l’enseignement, les énergies renouvelables, outre le développement des infrastructures d’appui aux technologies d’information et de communication (TIC). A ces actions s’ajoutent le lancement de campagnes à l’étranger pour relancer le tourisme, l’attribution d’avantages pour les entreprises installées dans les zones industrielles, la mise en place de programmes d’appui technique et financier aux entreprises dans les secteurs prioritaires, sans oublier le soutien des jeunes promoteurs dans le secteur industriel…

L’arsenal de ces actions ne peut être concrétisé sans garantir la stabilité politique, rétablir la confiance entre l’Etat et le citoyen et l’Etat et les chefs d’entreprise.

Sur le plan réglementaire, le nouveau gouvernement doit imposer le respect et l’application de la loi et les rendre plus flexibles, rationaliser et moderniser l’administration à travers la réforme fiscale…

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