L’hépatite virale constitue un problème de santé publique et se répand au niveau  international. Elle  se caractérise par une lourde charge de morbidité sur les populations dans toutes les régions du monde.

En 2013, l’hépatite virale était la septième cause de mortalité dans le monde. Elle serait responsable de 1,4 million de décès par an dus aux infections aiguës ainsi qu’aux cancers du foie et aux cirrhoses liés aux hépatites. Environ 47 % sont imputables au virus de l’hépatite B, 48 % à celui de l’hépatite C, et le reste aux virus des hépatites A et E.

Un Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’OMS appelle les pays à prendre des mesures pour combattre l’hépatite virale. La stratégie mondiale du secteur de la santé sur l’hépatite virale, (2016-2021) et le plan d’élimination  de l’hépatite virale (2016-2030) constituent des instruments efficaces pour réduire les infections.

Populations à risque

L’enquête nationale de prévalence des hépatites virales, (2014-2015) a permis d’effectuer une estimation de la prévalence au niveau national, une identification des zones et populations à risque et de mieux cibler les actions de lutte et de prévention.

Il s’est avéré que la prévalence nationale est de 0,87% IC 95% [0,80%-1,07%] ≈ 99.000 individus infectés par le VHC.

Le Plan national d’élimination  de l’hépatite Virale C (2016-2023) a pour objectif général d’éliminer d’ici 2023 l’hépatite virale C. Il s’agit aussi de réduire l’incidence de l’hépatite virale C chronique ainsi que les complications et les décès attribuables à cette maladie.

L’état d’avancement  du plan d’élimination de la maladie depuis juillet 2015 montre que plusieurs actions ont été menées suite à la première réunion de réflexion sur le plan et désignation du comité exécutif en juillet 2015. Il a été possible également d’élaborer différents documents du plan, soit  de juillet 2015 à décembre 2015. Les termes de références ont été validés en décembre 2015.

On a pu, de même, assurer la définition du leadership, des partenariats stratégiques et définir la responsabilisation d’une commission nationale constituée à cet effet.

Un  arrêté ministériel n°71/2016 relatif à la phase de mise en œuvre a été promulgué, suivi d’une circulaire définissant les rôles et missions des différents partenaires. Par ailleurs, les responsables ont assuré l’élaboration et la diffusion des termes de référence et de guides pour les médecins et les patients. On a aussi distribué des médicaments et on a pris en charge des patients connus et dont le dossier pré-thérapeutique est complet.

Formation des médecins traitants

Une phase de suivi et d’évaluation a été mise au point. L’objectif est de mettre en œuvre effective le plan et suivre ses retombées sur la santé de la population tunisienne. Le plan comporte aussi la formation de tous les acteurs et intervenants. D’ailleurs, un Séminaire de formation des médecins, pharmaciens et laboratoires référents a eu lieu en juin 2016, suivi d’un autre séminaire de formation des médecins traitants, en juillet  2016. Dans la foulée, il y a eu la célébration de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites virales.

C’était une occasion pour organiser un séminaire de formation des directeurs régionaux et des responsables régionaux, le 28 juillet 2016, ainsi qu’une formation des directeurs des hôpitaux, en septembre 2016. D’autres séminaires de formation régionaux depuis le début du mois d’août 2016 ont eu lieu avec distribution des informations de base pour 5.000 patients dans les deux secteurs publics et privés.

Les activités de 2017  ont prévu le traitement des patients connus, l’élaboration et le lancement du programme de dépistage et le renouvellement de l’appel d’offres pour effectuer les tests   de dépistage et la finalisation de la stratégie de communication.

Les collaborateurs impliqués dans le PNE-VHC sont 210 médecins traitants, 40 médecins référents, 28 pharmaciens référents, outre la mobilisation de laboratoires référents.

Les effets indésirables chez certains patients se résument en une accentuation de douleurs rachidiennes, une aggravation d’une dysesthésie du membre inférieur gauche, une bradycardie avec BAV du troisième degré. On a même enregistré un décès dans un tableau d’hypoglycémie et d’état de choc. Des douleurs thoraciques avec dyspnée, une encéphalopathie au stade 2, une éruption cutanée prurigineuse au tronc et aux membres inférieurs, ont été également enregistrées.

A cela, on peut ajouter des cas d’hypertension artérielle, un prurit, un érythème fugace aux membres supérieurs et douleurs lombaires, un ptosis de l’œil gauche, un rash généralisé prurigineux, des troubles du rythme cardiaque, une urticaire aiguë et des vomissements incoercibles. Ces effets ont concerné un nombre limité de patients.

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