L’expérience, une première en Tunisie, s’annonce prometteuse. Faudra-t-il y croire ?

Un fait sans précédent : dans la nouvelle équipe gouvernementale de Hichem Mechichi, le département de l’Emploi a été annexé à ceux de la Jeunesse et des Sports. De prime abord, cette «première» peut, aux yeux de certains, paraître surprenante, voire bizarre, dans la mesure où le secteur de l’emploi avait toujours son propre ministère, s’agissant d’un secteur stratégique qui constitue l’une des principales forces de frappe de l’économie nationale. Cependant, à bien y voir, on peut dire que cette alliance entre ces deux départements s’annonce prometteuse. Sans aller jusqu’à chercher à savoir s’il s’agit de mariage d’amour sans raison, ou de mariage de raison sans amour, comme on dit, il est certain que l’objectif est clair, à savoir la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie, de nature à renforcer la lutte contre le chômage. Il est vrai que la Tunisie, particulièrement depuis la révolution, n’arrive pas à se défaire de cet «ennemi» qui ne cesse de gagner en ampleur, comme en attestent les chiffres ahurissants concernant la population de chômeurs dans le pays. Pour les gouvernements qui se sont succédé depuis, ce n’était pas faute d’avoir essayé. Or, toutes les formules adoptées et toutes ces mesures incitatives mises en place se sont avérées, hélas, improductives.

Etouffer le mal dans l’œuf

Dès lors, peut-on dire, ne restait plus qu’une énième tentative, celle-là même qui consiste à injecter le département de l’Emploi dans le ministère de la Jeunesse et des Sports auquel est jointe l’appellation «Intégration professionnelle». Selon la nouvelle configuration, en effet, on projette de préparer les futurs candidats à l’emploi dès leur prime jeunesse. Et cela en leur assurant la formation appropriée, selon les profils des uns et des autres, ainsi que l’encadrement et le suivi nécessaires, avant de les orienter et d’en garantir l’insertion sociale dans la vie professionnelle. Pour ce faire, un grand effort doit être fourni par le nouveau département, à la tête duquel a été nommé un ministre, assisté secrétaire d’Etat qui en savent quelque chose, à la faveur de leur expérience. Le même effort touchera le domaine des sports où le nouveau ministère aura, dans le cadre des mêmes objectifs, à élucider deux énigmes, à savoir le chômage des maîtres et professeurs d’éducation physique et l’emploi des sportifs faisant partie de la catégorie des athlètes d’élite qui, dans deux cas sur trois, vivent dans la marginalisation, en dépit de leur brillante carrière et des loyaux services rendus à la patrie sur les plans national et international. En somme, autant de chantiers à ouvrir et de défis que la nouvelle équipe ministérielle, conduite par l’ex-patron de la Fédération tunisienne de boxe, Kamel Deguich, semble capable de relever. Faisons-lui confiance et aidons-la donc.

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