Au-delà des déclarations scandaleuses et irresponsables du député Fayçal Tebbini menaçant ouvertement d’assassiner le chef du gouvernement au cas où il signerait l’Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) avec l’Union européenne, c’est bien le silence radio opposé par la classe politique nationale à ce discours provocateur qu’il faudrait dénoncer vigoureusement parce que révélant un sentiment général qui risquerait de se transformer en une conviction partagée. 

Il s’agit, en effet, d’un sentiment qui se répand, de jour en jour, selon lequel la violence physique et verbale est devenue un comportement ordinaire, donc acceptable.

Pire encore, certaines parties n’hésitent pas à trouver aux dérapages verbaux, aux actes de violence caractérisée et aux dérives comportementales passibles des sanctions pénales les plus lourdes, des justifications le moins qu’on puisse dire inadmissibles et indignes d’une société démocratique où le respect de la loi doit être placé au-dessus de toutes les considérations et des agendas ou calculs à caractère politicien où électoraliste.

Quand l’ensemble des partis politiques, à l’exception du parti Tahya Tounès, gardent le silence sur l’appel au meurtre lancé à l’encontre du chef du gouvernement et quand les associations et organisations de la société civile, à l’exception d’un petit post signé par une personnalité politique mise à l’écart au sein de son propre parti, préfèrent vaquer à d’autres occupations, considérant que menacer de mort le chef du gouvernement est un évènement banal, voire ordinaire, il est un devoir commun de tirer la sonnette d’alarme pour dénoncer, aussi vigoureusement que possible, l’enracinement de cette culture de démission, de désaffection et de fuite en avant face à la responsabilité au sein de notre paysage politique et civil.

Un état de fait qui reflète malheureusement un échec partagé face aux dividendes générés par la révolution, dont en premier une mobilisation de tous les instants et une veille continue contre toutes les dérives et tous les dépassements, notamment la violence et la haine qui risquent de nous faire perdre l’acquis essentiel de la révolution, à savoir la fierté de participer effectivement à la construction d’un régime démocratique digne des sacrifices consentis par les martyrs de la révolution.

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