Symbole de noblesse, d’élégance et de liberté, le cheval, cet éternel compagnon de l’homme, continue toujours  à aiguiller la passion de l’équitation. Pratiquer des randonnées équestres est l’une des meilleures façons de découvrir l’univers équin. Toutefois, cette activité demeure très peu développée, même si le pays est doté d’une bonne race chevaline parfaitement adaptée à ce genre de tourisme.

Partir en vadrouille à cheval n’est pas une activité qui court les rues en Tunisie. Mais il existe des amateurs d’équitation et des cavaliers qui raffolent des chevauchées, soient-elles forestières, dans le désert ou en bord de mer. Ce sont des activités qui font partie du tourisme équestre, une forme de tourisme alternatif où tout tourne autour du cheval et de la nature. Il s’agit d’un marché de niche qui permet de valoriser les territoires et surtout de promouvoir un tourisme respectueux de l’environnement.  La Fédération tunisienne des sports équestres (Ftse) définit  le tourisme équestre comme étant “une activité de loisir qui permet de découvrir les régions en parcourant de grandes distances à cheval. Il n’est pas nécessaire d’avoir un excellent niveau en équitation pour pratiquer le tourisme équestre. Les tout débutants doivent cependant s’initier à l’équitation dans un centre équestre pendant un mois ou deux auparavant, afin d’acquérir le niveau: «à l’aise aux trois allures» (pas, trot et galop)”. 

Des chevaux courageux, dociles  et endurants

En Tunisie, ce type de tourisme est peu développé. Pourtant, le hippisme est bien ancré dans les traditions de plusieurs régions tunisiennes. Les atouts dont regorge le pays sont tous là, pour faire du tourisme équestre un véritable secteur qui draine les cavaliers étrangers. Les atouts sont naturellement liés à la nature très diversifiée dont est doté le pays, mais aussi à l’existence d’une race chevaline très adaptée à ce type d’activités de loisir. “On a de très bons chevaux. Les races chevalines qui existent en Tunisie sont le barbe et l’arabe barbe. Ce sont des chevaux forts, porteurs, endurants et dociles. Ils sont taillés pour ce genre de randonnées et de promenades”, a expliqué, dans une déclaration accordée à La Presse, Mme Khadija Driss, cheffe de service au sein de la Fondation nationale pour l’amélioration de la race chevaline (Fnarc). Elle a souligné que ces races de chevaux, typiquement nord-africaines, constituent les races idoines pour faire développer le tourisme équestre en Tunisie. Et d’ajouter “ : On ne peut pas faire de randonnées équestres avec toutes les races chevalines : il faut avoir des chevaux qui sont habitués aux  dangers, aux bruits et qui ne soient pas apeurés au cas où des accidents surviendraient sur la route. Il faut avoir des chevaux courageux, dociles et endurants”.

En effet, les offres touristiques équestres  peuvent varier selon les activités pratiquées. On distingue, par exemple, les balades équestres, dont la durée est inférieure à une journée, contrairement aux randonnées qui peuvent s’étaler sur 4 à  6 jours. En revanche, l’équitation itinérante qui consiste en une randonnée à cheval, avec des  déplacements montés ou attelés, permet  de chevaucher par monts et par vaux en allant à la découverte de la région sur laquelle on séjourne. L’étape moyenne est  d’environ  30 à 40 kms par jour et le mode d’hébergement peut varier entre chambre d’hôtes, gîte rural, hôtel  ou campement.  Si on se base sur cette classification, on peut constater que les promenades équestres (dont la durée est limitée à quelques heures) font florès en Tunisie, dans les zones touristiques, aux alentours des hôtels, tandis que les randonnées équestres n’ont pas vraiment pignon sur rue, même s’il existe des circuits dans les régions du Sud (dans le désert) et du Nord, (notamment dans les gouvernorats de l’Ariana, de La Manouba et de Bizerte).

Manque d’encadrement 

“Il y a des activités de tourisme équestre en Tunisie mais je trouve que ça manque de professionnalisme, et surtout d’encadrement de la part des autorités de tutelle, en l’occurrence les ministères du Tourisme et de l’Agriculture. Les instigateurs de ces projets manquent de professionnalisme parce qu’ils ne sont pas formés et n’ont pas de qualifications adéquates pour le faire. Certes, ce sont de bons cavaliers ou des gens qui ont appris sur le tas, mais il ne faut pas oublier qu’ils prennent le risque d’initier des débutants aux activités équestres”, a argué Mme Driss. Et de continuer “ La sécurité est primordiale.  Il y a un tas de règles à suivre pour que le cavalier soit à la fois en sécurité et bien à l’aise lorsqu’il est à cheval. Et c’est là que le bat blesse. A mon avis, il manque certaines mesures de sécurité lors de ces sorties et ce n’est pas toujours  qu’on exige des tenues de protection pour les cavaliers (casque, bottes, etc) ce qui représente un risque pour les randonneurs. L’équipement équestre n’est pas obligatoire et rien n’institue légalement la façon avec laquelle se déroule la randonnée depuis le départ jusqu’à la fin. En conclusion, on a un potentiel extraordinaire. Le tourisme équestre est un secteur qui devrait avoir le vent en poupe, à condition que l’Etat appuie ceux qui souhaitent y investir et leur fournisse l’encadrement nécessaire en facilitant les crédits et en instaurant  des formations dédiées au secteur ”.

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