La Tunisie peine à trouver le modèle de société qui sied à son peuple, lui qui a toujours réclamé du pain, de l’emploi et de la dignité. L’économie nationale se réfère toujours au modèle ancien qui favorise le travail précaire à côté du travail organisé et durable, laisse proliférer le marché parallèle et ne fait pas grand-chose pour les citoyens qui veulent s’approprier un logement à coût réduit. Pourtant, on a remarqué que les nouveaux dirigeants politiques ont sincèrement la volonté de changer le cours des choses, mais ils sont toujours confrontés à des handicaps qui les empêchent, pour le moment du moins, de prendre des initiatives audacieuses.

Ainsi le taux du chômage ne cesse de s’amplifier, surtout après la crise sanitaire due au Covid-19 qui a vu plusieurs entreprises fermer leurs portes, alors que d’autres ont réduit leurs effectifs. Cependant, les contours d’un nouveau modèle de développement commencent à se dessiner, mais les pouvoirs publics marchent sur la pointe des pieds pour le concrétiser sur le terrain. Ce modèle se base essentiellement sur l’économie sociale et solidaire et le partenariat public-privé, qui a fait ses preuves dans des pays étrangers et devrait ouvrir de nouveaux horizons pour les jeunes à la recherche d’emploi. Plusieurs projets entrant dans le cadre de ce nouveau modèle ont été identifiés, mais leur réalisation tarde à venir pour diverses raisons, dont celle qui concerne l’absence de financements. Ainsi les jeunes restent sur leur soif et ne voient rien venir dans leur régions, même pas des promesses !

Même le grand projet du gaz du Sud a connu, quelques jours après son inauguration, une grève qui a provoqué un arrêt de travail. Le bassin minier de Gafsa a connu, lui aussi, un arrêt de la production, ce qui a amené l’Etat à importer du phosphate d’Algérie pour honorer ses engagements avec ses partenaires, notre pays étant un fournisseur régulier de ce produit. Et dire que la Tunisie était l’un des premiers fournisseurs de phosphate au niveau mondial, ce qui nous rapportait un panier de devises alléchant.  Dans cette conjoncture économique défavorable, aggravée par le Covid-19, il n’est pas possible d’asseoir un nouveau modèle de développement répondant aux aspirations du peuple, dont le pouvoir d’achat a connu une dégradation sensible. Il faut commencer, d’abord, par attirer des investisseurs étrangers pour augmenter nos capacités de création d’entreprises. Encore faut-il revenir à la case départ et assainir le climat des affaires par l’instauration de la paix sociale, la stabilité politique et financière et de continuer à édifier l’infrastructure de base (autoroutes, ponts, tunnels) en vue de faciliter la circulation des transporteurs des régions intérieures vers les gares, aéroports et ports.

Ces conditions sont exigées pour stimuler un tant soit peu l’investissement et pouvoir, par la suite, inaugurer concrètement le nouveau modèle de développement tant convoité, mais qui ne voit pas encore le jour.

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