Médecins résidents, internes et urgentistes observent un sit-in chaque jour, depuis hier, de 10h00 à 11h00, devant leur établissement jusqu’à ce que leur voix soit entendue et satisfaction leur soit donnée. En attendant, il n’y a pas de capitaine à bord !

L’heure est grave. La situation épidémiologique est critique ces derniers jours. On ne compte plus le nombre de nouveaux cas de patients atteints de la Covid-19. Aux dernières nouvelles, on décompte 22 décès en 48 heures pour un total de 155 décès depuis le début de la pandémie. Pis, 1 166 nouveaux cas de contamination au virus Sars-Cov-2 sont recensés en 24 h jusqu’à dimanche dernier. Le total général est de 9 736 cas. En conséquence, c’est une phase difficile que traversent les instances sanitaires et les médecins chargés de contrôler la propagation du virus sur notre territoire.

Dr Yamina Thabet, médecin de famille et résidente à l’hôpital Mongi-Slim de la Marsa, critique le relâchement actuel dans la gestion du coronavirus dans un statut privé sur les réseaux sociaux, après avoir indiqué les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé plus haut. Elle affirme : «Port du masque, lavage des mains et distanciation sociale vous ont semblé des gestes difficiles à adopter ? Attendez de voir les conséquences».

Un signal fort à l’adresse des citoyens inconscients et qui n’ont pas acquis dès le départ les bons réflexes pour se prémunir contre la Covid-19. D’ailleurs, les chiffres officiels sont en dessous de la réalité à cause du manque de tests de dépistage. Dans la droite lignée de sa collègue de l’hôpital, Dr Monia Boussen, médecin urgentiste, appelle à l’aide en confirmant le cri d’alarme de ses collègues résidents. Elle relève tout d’abord le problème d’exposition des malades qui stagnent dans les urgences. Le même point d’eau et les sanitaires sont utilisés à la fois par les malades de la Covid-19 et ceux qui souffrent d’autres pathologies, ce qui est incompréhensible à ses yeux et inconcevable. Les malades cardiaques, diabétiques et les patients positifs à la Covid-19 cohabitent dans le même espace de l’hôpital. Même les médecins ne sont pas épargnés par le coronavirus vu leur promiscuité et leur contact permanent avec les malades. Un risque de contamination sévère se traduit en l’occurrence.

Une catastrophe sanitaire

Dr M. Boussen évoque, par ailleurs, de nombreuses autres lacunes dans les services de l’hôpital. Le manque de moyens de protection requis contre la Covid-19, comme la fourniture au compte-goutte des masques et du gel hydro-alcoolique, alors que ce sont deux moyens de prévention indispensables, l’irrite au plus haut point. Elle précise : « Il n’y a pas de thermomètre pour mesurer la température des sujets admis à l’hôpital ! » Un manquement grave qui dénote le laisser-aller qui règne dans cette institution hospitalière qui a vu défiler les plus grands médecins du pays dans un passé récent. Les malades atteints d’autres pathologies, qui viennent séjourner ou se faire opérer dans cet hôpital, risquent le pire, selon le raisonnement du Dr Boussen. Elle renchérit : « Pauvre de celui qui doit venir se faire soigner ou examiner dans cet hôpital, il ne sait pas ce qui l’attend : un traumatisme».

En effet, le patient risque la mort au bout de son séjour ou son passage au cas où il contracte le coronavirus, en plus d’être porteur d’une maladie auto-immune, comme la sclérose en plaques vu qu’il est plus vulnérable et facile à contaminer. Elle se questionne sur les recommandations du ministère de la Santé qui appelle à préserver les seniors au domicile, alors que rien n’est fait sur le terrain pour les empêcher d’être potentiellement porteurs du virus Sars-Cov-2.

Une gestion catastrophique en l’heure actuelle à cause de l’absence de circuit Covid-19 comme au début de la pandémie où les malades étaient séparés et n’utilisaient pas les mêmes espaces de l’hôpital.

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